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 Claire Gretchen + Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d'être un homme

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admin désabusée et toxico


Âge : 28
Emploi/études : Professeur de maternelle
Localisation : Dans les vapes
À savoir : Je déteste les animaux
Commentaires : Laisse-moi vivre
laisse moi mourir.
Laisse moi être
et tu n'auras pas de poing sur la gueule.
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MessageSujet: Claire Gretchen + Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d'être un homme   Jeu 15 Jan - 18:47

Claire Gretchen

{ celui qui se transforme en bête se délivre
de la douleur d'être un homme }

+ Nom complet : Claire Gretchen + Âge et date de naissance : 25 ans, 7 Mai 1990 + Lieu de naissance : Alberta, Canada + État civil : Célibataire + Métier : Professeur de maternelle + Addiction à : Mush + Groupe : Étang des dépravés + Personnalité sur l'avatar : France Bean Cobain + Crédits : BOOGYLOU. + Les remerciemments : thks tbh + La dédicace à ton pote Jojo : la v'là ta dédicace: ohhhhh ouaaaiiiiisss


This is how I feel + Intelligente + Intègre + Arrogante + Aime les enfants + Aime discuter + Philosophe dans l’âme + Gentille + S’adapte à son interlocuteur + Donne beaucoup d’importance à l’apparence + Déteste les animaux + Bonne menteuse + Polyvalente + Diplomate quand sa lui chante + Ne possède aucune qualité de l’art de la séduction + Donne l’air de se foutre de tout + Aucunement sensible + Se met en colère facilement + N’hausse jamais ou rarement le ton + Sarcastique + Aime l’ironie + Sardonique + À les nerfs solides + Très facilement irritable à cause de ses maux de jambes + Impatiente + Artiste + Peintre + Sculptrice + Dessinatrice + Photographe + Créative + Imaginative + Très émotive + Excentrique + Plus grand-chose ne l’impressionne


She swalloes and the world becomes furry + Tout va s’en dire que les hallucinations de Gretchen sont issues de l’image de ses démons, soi les animaux. Ils leur rappellent son enfance exécrable, son père insupportable et ses douleurs enrageantes. D’ailleurs, elle consomme justement pour cela : pour ne plus avoir mal. Ses trips font disparaître sa douleur pendant leur durée.  

Tout d’abord, l’excentricité de son imagination et de ses émotions ne rate pas l’occasion de la transporter dans un tout autre monde lorsqu’elle consomme. Tout dépendant de l’endroit où elle se situe, de l’ambiance et surtout de comment elle se sent, l’environnement qu’elle hallucine changera drastiquement. Si sa joie est débordante, elle se retrouvera dans un monde rose et fantastique. Si elle est anxieuse, elle aura les pieds dans un décor de film d’horreur. Si elle est en colère, l’apocalypse pourra s’emparer de son décor mental. Tout dépendant. Mais là ne s’arrête pas ses hallucinations.

Non, car toujours est-il que les hallucinations ne peuvent être parfaite, pas si elle conserve quelques bêtes intérieures. Ce qu’il y a de singulier est qu’elle voit les gens, sans que cela ne l’effraie pour autant, avec des têtes d’animaux. De tout genre, toutes espèces et toutes races. Le visage de l’animal s’adapte très souvent avec la personnalité de l’interlocuteur. Si elle ne le connaît pas, ça va souvent du premier coup d’œil.

Si elle a été à un endroit ou a rencontré quelqu’un pour la première en étant sous l’influence de la drogue, Gretchen ne reconnaîtra par le lieu ou la personne en étant sobre. Vice versa, naturellement.





Banlieue de Edmonton, 2005 + J’ai quinze ans. Je suis obèse. Douée à l’école, mais pas pour me faire des amis. Je marche avec des prothèses et une canne. Je n’ai jamais eut d’amoureux ni même embrassé quelqu’un. Je suis vie dans l’insécurité et l’absence d’estime de moi. Il est vingt-et-une heure douze. La maison à mes pieds dégueule une musique bruyante qui fait vibrer. La porte s’ouvre. Le beau Roy m’ouvre la porte. Il m’ouvre les yeux au monde magique et magnifique des débauches de l’adolescence où des dizaines de jeunes de mon âge, populaire ou non j’en ai rien à faire, s’amusent et s’éclatent. Roy, lui, a été le seul à s’être soucié de m’avoir invité à ce party de fin d’année. Parce que, en fait, je n’ai jamais été la rejet des autres, ni leur amie, à dire vrai.

Je lui souris faiblement. Il m’accueille comme une reine. Il est défoncé et saoul. Ça crève les yeux. J’entre. Quelques uns que je connais de visage et de nom me saluent, très poliment. J’imagine que j’attire la pitié des autres à cause de mon handicap. Ou peut-être m’adressent-ils des politesses parce que j’ai une personnalité digne de ce nom, qui sait. Peu importe, ce n’est pas avec mon air désabusé au naturel que j’attirerai leurs jolis mots, ceux qui font chaud au cœur que le père n’a jamais dit.

Roy me présente à des gens. M’amène à un divan où il me présente à Catherine, Marie-Claude et Pascale. Rien à foutre trop, à moins que les miracles me donnent des amis ce soir. Je suis gentille, avec eux, toujours. Je veux avoir les chances de mon côté. On m’offre de l’alcool; je bois. On me propose des cigarettes; je fume. On me présente des brownies magiques; je gobe. C’est un délice, d’être dans cette foule de vie. J’essaie donc de ne pas m’en faire avec le reste.

Puis, c’est là qu’on me tend un sac de morceaux beiges froissés et quelque peu gommeux.

Je suis d’abord bien trop concerné par mon bien paraître pour demander de quoi il s’agit. Je ne veux pas paraître pour une inculte. Puis j’entends les mots «champignons» et «magiques» et je dois admettre que la corrélation se fait rapidement dans mes neurones bientôt finies. Je plonge ma main, je prends une portion au hasard, et je le fous contre mes dents. Je mastique. C’est l’horreur sur mes papilles. Mais c’est comme si je savais déjà que je m’habituerai bien vite au fil des fois. Comme si ça ne serait pas la dernière.

Je me retrouve dans la salle de bain. Ce qu’il y a entre ces deux scènes est pas du tout importante et encore moins intéressante. J’ai discuté, écouté, puis j’ai eut mal au cœur. J’ai été éponger mon front au lavabo. Puis je sors. Puis tout a changé.

Je réalise d’abord  que je n’ai pas ma canne avec moi. Alors que, habituellement, il m’est impossible de marcher sans. Je dévisse mes prothèses et les laisse tomber sur le sol. Je souris, grandement, et lève le menton. J’arrête de sourire. J’écarquille les yeux et mes pupilles se dilatent au spectacle devant moi. Ce n’est plus la maison des parents de Roy. C’est un foutu bal. Une salle de château des années 1428. Le toit est immense. Les arches, magnifiques. Les peintures sur les murs sont si réalistes que chacun de ses détails ornant les murs enchantent mes iris à merveille. La musique… La musique n’est plus quelque chose de sourd et techno en stéréo, mais bien un groupe de musiciens à violons et percussions très somptueux. Mes pieds glissent doucement sur le marbre poli du sol, les chandeliers à chandelles brillantes donnent des étoiles dans les yeux de chacun. Et chacun, chacun, chacun…

Ils sont tous en habits magnifique, des robes et des jabots, des talons de soie et des perles partout. Des perruques à dix étages et à mille boudins, de la poudre blanche à étouffer tout le monde, des robes dorés et encombrantes, des bas longs par-dessus les pantalons d’hommes chics, et des petits gants de blancs laiteux et pure. Je suis au plus radieux des bals de Louis IVX et tout le monde a perdu leur visage.

Non, plutôt que leur visage a changé. Ce sont leur tête. Elles sont bien vivantes, parlantes et expressives. Mais elles sont des têtes d’animal. Sur le coup… Je suis terrifiée. Je déteste ça. Le mal aise s’empare de moi. Je suis étouffée et perdue dans la nausée de mon esprit. Ensuite, je m’accoutume assez bien. Parce qu’il y a cet adolescent à la tête de couguar lustré et parfaitement taillé qui vient me sourire sans dévoiler une seule dent.

« Ça va, Claire-bear? »

C’est un surnom stupide qu’on m’a toujours donné sans que je ne réagisse. Donc que les gens ont conclu que j’aimais ou je ne sais trop. Mais cette fois, je suis incroyablement heureuse de l’entendre. Je reconnais la voix de mon Roy.

« Oui.
- Parfait. »

Il me tend la main, je la saisis et le suis parmi l’immense salle de bal qui s’étale à perte de vue. Nous traversons un champ de danseurs de valse et arrivons aux côtés d’une bande de fêtards avancés dans leur jeu. Une femme à la tête de kangourou montre ses genoux. Les gens s’esclaffent à l’audace. Un autre à la tête de grenouille prend la chaussure de verre d’une compagne à tête de signe et y verse de l’absinthe avant de le boire d’une traite. Je suis au beau milieu de tout ça. Je suis émerveillée. Épanouit. Je contemple tout d’une air d’enfant. Je souris, grandement. Je suis impressionnée et amoureuse. De tout cela. De cette liberté et de cette réalité plus que magnifique. Les animaux; ils ne me dérangeront pas. Ils m’agacent, mais je ne les laisserai pas me ruiner. Parce qu’une chose est certaine : je ne les laisserai jamais être supérieur à ce que je suis.

Et je crois avoir décidé de faire de ce spectacle ma nouvelle et euphorique vie.

Je ris. Parce que je suis contente comme je l’ai rarement été. C’est parfait. C’est tout simplement parfait! La première fois est délectable, avec l’alcool et le reste de la drogue dans mon sang. Roy à la tête de couguar passe une main sur son pelage, et me regarde de ses immenses yeux de noisette et de noir. Je le regarde, profondément. Et je me vois. Dans le reflet de ses globes de beauté.

Et je vois ma tête à moi. Et je suis pétrifiée d’horreur.

Pseudo + BOOGYLOU. Âge + too old for this shit. 19, okay. Sexe + oui. Temps de connexion + sais pas. TROLOLOLOLOLO Comment as-tu connu le forum + brah Que penses-tu du forum? + braahhhhh Quel est la capitale de Honduras? + Tegucigalpa (même pas utilisé Google Cool ) Scénario + nope À remplir +

Code:
<span class="point">France B. Cobain +</span> [i]claire gretchen[/i]

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Celui qui se transforme en Bête


se délivre de la douleur d'être un homme


Nous étions tous en voyage quand un brouillard s'approche. C'est la forêt amère des doutes sans rémission. Cette damnée époque. Cet Âge de raisonnement. Un empire qui a engraissé, prêt pour le saignement. + JOHNSON + LELOUP + CURRY + BOOGYLOU.



Dernière édition par Claire Gretchen le Mar 12 Déc - 19:14, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Claire Gretchen + Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d'être un homme   Jeu 15 Jan - 18:47

Ça commence ainsi

{ poste de police, à Montréal }



- Je me nomme officier Legris, et mon partenaire à ma droite se nomme officier Newman. Pour débuter l’interrogatoire, je vais commencer par quelques simples formalités. Nom complet: Claire Gretchen. Origines : portugaises. Âge : 26 ans. Lieu de résidence : Montréal. Vous confirmez les informations?

- Ouais.

- Métier?

- Professeur.

- Toi, t’es professeur?

Claire adresse un regard à l’officier Newman. Ses cheveux blonds sont parfaitement taillés et tirés sous un chapeau d’une élégance qui n’avait pas sa place chez ses vêtements sombres et amples, aux manches entières qui laissent sortir deux pouces aux extrémités, pouces de pattes aux griffes noires et lustrées. Son teint est toujours pâle. Son maquillage, désolant : des yeux au beurre noire et un rouge à lèvre périmé. Non pas que son apparence n’est pas soignée, au contraire. Sous des cascades de bijoux se dessine un style parfaitement étudié. L’artiste ne laisse rien au hasard dans sa glace. Claire sait pertinemment que dans la société dans laquelle elle nage, il n’y a de place que pour l’apparence et rien de ce que l’on trouve dans la cervelle. Les gens jugent de l’œil et non du cœur au premier aperçu, aussi pure la personne soit-elle. Pour elle, son look représente bien sa personnalité. Simplement, il n’est pas commun chez les professeurs, c’est tout. Du moins, les gens savent à qui ils ont à faire en lui donnant une miette d’attention.

- Ouais.

Le policier Newman a un rire de côté qui n’avait aucune joie. C’est plutôt dégradant qu’autre chose. Pourquoi Claire aurait bronché à cela? Elle continue de le fixer, impassible et immobile, affalée sur sa chaise. Depuis qu’ils ont fait pas dans la salle d’interrogation, elle n’a même pas regardé l’horloge qui semble ne pas vouloir fermer son bruyant clapet du tic-tac infini.

- Bon. Nous allons procéder à l’interrogatoire. Vous désirez un café, Mademoiselle Gretchen?  

La Mademoiselle Gretchen fait bondir son regard sur l’autre, l’officier Legris qu’il se disait, et plonge sa main dans l’intérieur de sa veste de cuir. Elle en ressort un paquet de cigarettes et commence à en extirper une comme n’importe qui l’aurait fait des millions de fois.

- Tu vas pas fumer ici, hein?

C’est l’officier Newman.

- Laisse-la, Bill…

C’est l’officier Legris.

Le pas gentil flic et le gentil flic. D’accord, c’est noté. Une cigarette en gueule, puis elle la flambe d’une allumette qu’elle sorti de nulle part par magie. Le gentil flic continue :

- Tout d’abord, je suis navré pour le décès de votre père. Je confirme : Monsieur Bernard Gretchen. Étiez-vous proche de lui?

- Non.

- Je peux lire dans votre dossier que votre mère est décédée il y a dix ans. D’autre famille? Frère, sœur, grands-parents…?

- J’ai une tante en Alberta mais je l’ai jamais vue de ma vie.

- Êtes-vous au courant des circonstances du décès de votre père? Il a été assassiné.

Ils attendent une réaction. Claire tire sa cigarette. Souffle comme un dragon paresseux, par les narines. Gentil flic continue :

- Deux coups de couteaux dans l’estomac, sans qu’il ne soit mort sur le coup. Il se serait vidé de son sang après qu’on l’eu laissé pour mort.

- Okay.

- Vous savez pourquoi on vous convoque, Mademoiselle Gretchen?

Elle tourne son menton vers Newman, celui qui vient de parler, le pas gentil. Et elle soupire.

- Non.

- Nous avons trouvé une note dans ses effets personnels laissant croire que vous seriez suspecte au meurtre de Bernard Gretchen. La note disait «depuis l’incident de chasse, ma fille me déteste et veut ma mort» vous croyez que c’est de vous qu’il parlait?

- Oui.

- Avez-vous commis le meurtre?

- Non.

- Avez-vous un alibi?

- J’ai pas mis les pieds en Alberta ça fait 10 ans.

- Pour l’enterrement de votre mère?

- Ouais.

- Qui est morte dans un accident de voiture, c’est bien cela?

- Ouais.

- C’est ce que les dossiers expliquent.

- Ouais.

- Auriez-vous une idée de qui aurait put assassiner votre père?

- Ouais.

- Ah? Et qu-

- C’est un suicide.

Les deux policiers se regardent. Legris lance même un air ahuris dans la vitre tintée qui les sépare d’une bande de collègues de travail qui les jaugent en silence.  

- Effectivement, les empruntes sur le couteau concordaient avec ses propres empruntes. Nous croyons à un meurtre indirect, peut-être, ou à une mise en scène.

- C’est un suicide.

- Vous êtes certaine? Il me semble très violent de se poignarder soi-même deux fois…

- Il a fait pire.

- Pourquoi êtes-vous si certaine qu’il s’agit d’un suicide?

- Il a essayé de se tuer trois fois déjà.

Newman s’objecte. Hausse même le ton.

- Non, nous n’avons rien dans les registres qui démontre qu’il a reçu des interventions psychiatriques ou-

- Il l’a toujours caché au public.

- Ah bon.

Cette histoire est de plus en plus étrange pour les deux policiers. Claire se redresse de sa paresseuse position, fait dégueuler quelques cendres de sa cigarette sur la table, reprend tranquillement son dossier, lasse, comme au début. Legris continue :

- Euhm… Justement, votre père, Bernard Gretchen, avait de certains troubles psychiatriques.

Aucune réponse de la part de Claire, qui fixe.

- Nous avons trouvé le corps de trois chats dans le sous-sol de sa maison, tous trois sérieusement en décomposition, prouvant qu’ils étaient morts depuis un certain temps déjà. Un blanc, un gris rayé et un roux. Ils vous disent quelque chose?

- Pétunia, Francoeur et Spaghetti.

- C’était ses chats?

- Ouais.

- Bernard aimait les animaux?

- Ouais.

- Beaucoup?

- Ouais.

Il y a une pause. On sort des photos de dossier et on les met sous le nez de Claire qui ne décolle pourtant jamais son œil de celui de Legris.

- Nous avons découvert des déchirures sérieuses au niveau des orifices anales et buccales de ces trois chats. Les vétérinaires ont d’abord pensé à des verres ou un autre sorte de parasite… Ils ont finalement conclu que ces bêtes avaient été pénétrées agressivement par une masse de forme phallique. Les analyses en laboratoire ont démontré des résidus de sperme concordant à l’ADN de votre père, ce qui nous porte à croire qu’il a… bah qu’il a violé ces chats.

- Qu’il était zoophile.

Conclue Newman. Claire fait un léger rire. Même manège : elle époussette le bout de sa cigarette sur la table. Mais elle ne rit pas longtemps. Juste un coup. Un saut de gorge. Quelque chose de condescendant qui feigne de lui mettre le sourire à la bouche.

- Vous trouvez ça drôle?

- Depuis que j’ai cinq ans, j’essaie de dire au gens que mon père est un arriéré débile et personne me croit.

- Et bien selon nos spécialistes, vos paroles ainsi que le diagnostic que nous avons établi de votre père, il serait très plausible qu’il ai commis un suicide.

Claire hausse les sourcils comme pour dire «bon enfin ils y sont». Et tire une bouffée de sa cigarette. Newman la regarde toujours avec un air dégoûté sans bouger. Legris continue :

- J’aimerais parler de cet accident de chasse, si vous me le permettez. Vous savez à quoi il fait référence?

- Ouais.

- J’ai remarqué que vous marchiez avec une canne… Il y a un lien avec cet incident?

- Ouais.

- Vous pourriez nous en parler?

- Ouais.

Silence.

- Vous allez nous en parler?

- D’accord.

Claire se redresse et écrase sa cigarette sur le coin de la table. Puis elle s’adosse mollement à sa chaise et croise les bras.

- J’avais cinq ans. Mon père chassait souvent. Cette fois-là, il avait décidé de m’emmener pour la première fois. Il avait une carabine et un flasque contenant du whisky. Il puait tout le temps le whisky. C’était un sale alcoolique. Je sais pas, on a fait deux ou trois heures dans les bois à chercher quelque chose à abattre… Puis je me suis fait attaquer, c’était sorti de nul par…

- Par un animal sauvage?

- Non par un arbre.

Ça avait été Newman. Et Claire lui répond de ce beau sarcasme d’un air tranchant et sec. Sans émotion apparente, encore. Avec belle arrogance, en d’autres mots. Legris reprend :

- D’accord et quel était cet animal? Un ours?

- Un orignal. Il m’a foncé dessus et il m’a cassé les deux fémurs, les deux hanches, un tibia et quatre côtes.

- Seigneur… Ça dû être éprouvant. Comment a réagit votre père?

- Il a rit, il a but une gorgée de son whisky et il est parti.

- Que voulez-vous dire? Il est aller chercher de l’aide?

- Non.

- Il vous a abandonné délibérément en sachant que vous étiez blessée?

- Ouais.

- Et ensuite?

- Ensuite y’a une famille qui faisait une randonnée pédestre qui m’a trouvé le lendemain alors que j’appelais à l’aide. On m’a amené à l’hôpital.

- Ça devait être douloureux.

- Ouais.

- Et depuis, vous marchez avec une canne?

- Ouais.

- Et vous êtes professeur de quoi?

C’était Newman qui avait posé la question. Claire tourne son menton vers lui, affichant clairement qu’ils l’énervent, et surtout lui.

- De maternelle.

- Toi, prof de maternelle?

- Ouais.

- Et merde… On aura tout vu…

- Vous aimez les enfants?

C’était Legris.

- Ouais.

- Vous devez pas vraiment leur montrer le bon exemple… À fumer et tout…

C’est pas gentil flic. Claire tourne un air sardonique vers lui.

- Mais quel professionnalisme vous faites part, officier Newman. Vous restez intègre et sans jugement face aux apparences des gens.

- Je vous en prie, Mademoiselle Gretchen, ne nous emportons pas.

Legris trou du cul. Claire approche son visage, comme sur le ton de la confidence. Et murmure :

- Je n’enseigne pas à fumer à mes élèves, officier Legris. Je leur enseigne l’intégrité, la politesse et la motricité verbale, cognitive et physique.

Elle se cale dans son siège encore une fois.

- Ils sont beaucoup plus brillants qu’on peut penser, les enfants. Ils sont très intelligents et promis à de belles choses quand ils ont pas deux couillons à la place de parents.

- D’accord.

Legris ne savait plus trop quoi dire. Sourire en coin de la Claire. Ouais, c’est ça enfant de chienne, soumets-toi à ce que je peux bien te dire parce que je suis certaine avoir dix fois plus de jugement que dans ta mioche de tête. Newman continue, tête de cochon :

- Vous ne semblez pas très patiente et polie pour travailler avec des enfants de cinq et six ans. Vous semblez assez arrogante et effrontée.

- C’est que je m’ajuste en fonction de mon interlocuteur, officier.

- Quelques dernières petites questions et-

- Dites, si toi t’es le gentil flic et toi le méchant flic, il arrive quoi si je vous montre mes nichons? Le vilain flic va sauter sur moi et le gentil va me traiter de dévergondée ou bien l’inverse?

- D’accord je crois que ça sera assez pour aujourd’hui… Nous vous rappellerons au besoin. Merci de votre temps, Mademoiselle Gretchen.

Legris lui présente sa main en salutation. Claire n’adresse aucun regard sinon à la porte et fout le camp.  

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