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 la ligne verte me fait chier!

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admin désabusée et toxico


Âge : 28
Emploi/études : Professeur de maternelle
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Commentaires : Laisse-moi vivre
laisse moi mourir.
Laisse moi être
et tu n'auras pas de poing sur la gueule.
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MessageSujet: la ligne verte me fait chier!   Lun 19 Jan - 11:14

station papineau

à minuit le soir

Et merde de couillonne de STM. Vous savez, il y a un tas de truc qui m'horripile dans la vie. Les connards. Les connards qui dirigent les transports de Montréal. Et les transports de Montréal qui me laissent cloîtrée dans un foutu wagon au beau milieu de la nuit alors je j'ai un élancement horrible dans la hanche. Et, évidemment, il faut que ce soit entre la station Beaudry et Papineau. Juste entre les deux. Pour être bien certain que je ne puisse pas me permettre d'aller prendre une clope dehors. J'ai mal. Terriblement mal. Puis je sens que je vais défoncer la fenêtre à ma droite avec ma canne. Je la regarde. Elle me projette mon reflet. Et mon reflet, lui, il fait la moue comme pour accentuer le ton monotone de la madame dans l'es haut-parleurs invisibles.

« Attention. Une panne majeure nous force à interrompre le service sur la ligne verte. D'autres messages suivront. »

Je suis sûre que les haut-parleurs sont invisibles et bien cachés pour pas qu'on se jette dessus et qu'on les arrache. Je sais qu'elle va répéter, la madame robote, ce petit message pré-enregistré trois mille fois avant que le service reprenne. Toujours que je suis chanceuse que les lumières soient toujours en fonction. Parfois elles s'éteignent. Et, juste pour que le bon côté des choses me nargue, je suis toute seule dans le train.

En fait, non. Il y avait des gens avec moi qui sont tous sortis à la station Berri-UQAM. Tous sauf une. Je me tourne vers elle de mon visage blasé de toujours. C'est une petite fille. Une adolescente, probablement. Toute mignonne, avec des taches de rousseur et un petit minois qui ferait craquer n'importe quel garçon de tous les âges qui existent. Elle est belle comme un cœur, et semble toute fragile et vulnérable. Le genre de petite adorable que je verrais frémir devant le mec saoul en rûte qui l'aborde en soirée à l'orée des bars. Au moins, je n'ai pas le pénis pour agir de la sorte. Elle est entre bonnes mains, c'est-à-dire celles de moi-même qui se fout éperdument d'elle. Bon.

Je ne la toise pas plus longtemps et je tire ma sacoche. Puis je me demande, au passage, qu'est-ce qu'elle fout dans un métro seule à cette heure. Elle revient d'aller voir son copain mais maman ne veut toujours pas qu'elle dorme chez lui? J'aurais aimé avoir sa chance, étant adolescente. Vivre ce genre de chose. Mais je n'avais pas une belle gueule à son âge. J'avais une centaine de kilo en trop, sans mentir. Et moi, je fous quoi dans le métro à cette heure? Je reviens d'aller voir Bidoune. Je connais pas son réel nom, mais il a une gueule à Bidoune alors je l'appelle Bidoune. C'est mon vendeur de mush qui habite Verdun. Et je dois admettre que revenir les poches pleines ainsi, dans l'impatience d'un métro vert brisé ENCORE, je ne me ferai pas attendre. Je suis impatiente, je souffre le martyr et ce n'est certainement pas mademoiselle douillette qui ira me dénoncer à la police.

J'extirpe une sac énorme de mush de ma sacoche. Il est sec, il est brunet, il est puant à souhait. Quelle infecte odeur, et quel goût des regrets. Et bah, tant pis! Une grosse poignée que je fourre dans ma gueule et que je mastique sans la moindre grimace. C'est l'habitude après dix ans de mariage avec la plus dégoûtante des plantes. Eurf. Je déteste les champignons.

Puis alors je me mets à mon aise. Je m'étale confortablement sur trois bancs de plastique et verse ma tête vers l'arrière. Si ça continue, je vais m'endormir. J'enseigne demain, à neuf heure moins le quart. Je devrais penser à mon plan de cours. Et de toute façon, il est déjà rédigé dans les yeux de mes élèves adorés. J'ai d'ailleurs une pensée toute magique pour Emmanuel. Ce petit espagnol me fait fondre. Voilà, je vais leur faire une dictée phonétique sur Madrid. Il sera heureux. Ce petit réfugié doit s'ennuyer de sa famille et il trouvera enfin l'étoile qu'il lui manque dans le regard quand je lui enseigne.

Est-ce que mon plan de cours est fait? Bah oui, tiens. Bon. Je plane, maintenant. Je plane et je ne m'endors pas.

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Celui qui se transforme en Bête


se délivre de la douleur d'être un homme


Nous étions tous en voyage quand un brouillard s'approche. C'est la forêt amère des doutes sans rémission. Cette damnée époque. Cet Âge de raisonnement. Un empire qui a engraissé, prêt pour le saignement. + JOHNSON + LELOUP + CURRY + BOOGYLOU.

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Emploi/études : Squatteuse
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Commentaires : Votre univers me semble si loin ô mon pauvre je suis là où tu ne pourras jamais m'atteindre. Tu cours après le temps mais il fuit comme l'eau qu'il t'es impossible de prendre dans la paume de tes mains. Moi, je suis au-dessus de cette réalité. Je suis au-dessus de tous ce que vous appeler le monde réel. Je suis tellement loin, tellement haute, essayez donc, vermine, de venir me chercher ! Avant de tenter votre périple, les flammes infernales célestes vous attendent pour brûler votre peau et votre coeur jusqu'à qu'ils ne restent que cendre et là, seulement là, votre renaissance pourra débuter. Si bien sûr, d'ici là, vous ne soyez pas déjà décédé.
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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Sam 24 Jan - 13:36

Monde souterrain

à l’heure du crime



« T'es vraiment trop malade, on ne vient pas avec toi »

Deux adolescentes regardent Bérangère avec un ton dur alors que celle-ci se tient devant l'entrée du métro de Montréal.

« Come on... Ce n'est qu'un voyage dans les entrailles de la Terre parmi tant d'autres. C'est vous qui vouliez goûter au champignon interdit ? Alors, venez, il n'y a pas de quoi s'enflammer pour si peu... »

L'une des fille murmure à l'oreille de l'autre mais la Petite Araignée arrive très bien à discerner un « Vraiment weird c'te fille là » et un « Finalement, j'veux pas essayer ça... » ce qui a pour effet de faire grimper le mépris de la jeune fille envers les deux autres et cela, avec des escaliers roulants.

« Alors ne venez pas, toutes les deux, impertinentes qui doutent de votre propre existence philosophique. J'le savais que les dames de votre école n'étaient que des bourgeoises qui veulent paraître excentriques pour le plaisir de l'être. Vous savez quoi ? Allez donc vous fumer un joint ou deux et ne plus recommencer de votre vie. Comme ça, vous ne dérangerez pas les autres avec vos désirs d'amateurs. Nom d'un Léviathan en colère, ça ne se fait pas d'être aussi lâche lâcheuse que ça... »

Elle parle mais le duo avait déjà tourné les talons et sont partis plutôt loin, jusqu'à être vraiment très loin et finalement, disparaître de la vue de Bérangère telle la fumée d'une usine qui se disperse dans l'atmosphère. Tout avait commencé... quelque part, à un moment que Nithingal a oublié. Néanmoins, elle se souvient avoir discuté avec elles et, voyant qu'elles cherchaient de nouvelles expériences, leur avaient proposé le champignon magique. Au départ, elles étaient enthousiasmes mais sont à la hâte devenues craintives lorsque la rouquine les a menés vers les coins sombres de Montréal et tandis que la lune pointait le bout de son nez, la Petite Araignée devenait de plus en plus étrange car plus à l'aise. Puis, tout s'est terminé avec cette conclusion : les filles de riches sont parties. Elles n'existent plus pour Bérangère. Ont-elles seulement été réelles ? Qui dit qu'elles ne sont pas le fruit de son imagination dantesque ? Aucun moyen de le savoir.

En tout cas, cet échec ne lui a pas enlevé l'envie d'aller se chercher du mush. Elle n'en a plus depuis assez longtemps et tel un enfant qui n'a pas dévoré à pleine dent une barre de chocolat depuis des lustres, Bérangère désire revivre le paradis... ou l'enfer. Bref, elle prend le métro et s'assoit bien calmement. Elle ne sait pas quelle heure il est mais la localisation de son dealer préféré en la matière est à l'origine d'aucun doute dans son esprit.

Par la suite, la panne. Elle dirait bien à haute voix « Que Diable se passe-t-il ? » mais elle se rend compte rapidement de la futilité d'une telle remarque car il est évident que le métro a un problème technique, quelque part, et que ça prendra du temps. En ce qui concerne les messages du haut-parleur, elle les trouve particulièrement bruyants et inutiles une fois le premier message envoyé. Mais bon, comment s'en plaindre ? De toute façon, Bérangère semble totalement indifférente à ce qui se passe. La Petite Araignée se sent prête à passer une décennie ici, tout au plus. Il faudra qu'elle tisse sa toile dans son coin mais bon, elle sait faire preuve de patience. Et puis, une scène incongrue se présente à ses yeux. Celle de l'unique compagne de métro, qui se prend une poignée de champignons sans aucune gêne. Un ricanement sourd s'empare de la jeune demoiselle alors que cette vision s'offre à elle tel un spectacle d'humour. C'est justement ce qu'elle cherchait, tu parles d'une coïncidence ? Et ce manque de timidité ? Qu'est-ce que c'est drôle ? Dû moins, pour Nithingal.

À ce moment, une idée farfelue lui vient à l'esprit. Elle sort son canif de sa poche, le cache discrètement d'une éventuelle paire d'yeux et de possibles caméras de surveillance (par ailleurs, elle est persuadée qu'il y en a) et écrit quelque chose contre une paroi du métro. La lame métallique s'avère être efficace pour le vandalisme. Elle désire profaner la cloison d'un « Jesus is dead forever ». Malheureusement, dès le mot « Jesus » fut terminé, un liquide vert foncé coule des marques et du bout de son couteau. Le moins du monde impressionné, elle continue son funeste oeuvre. Cette fois-ci, des cris de bébé agressent ses oreilles et la fenêtre se couvre d'une ombre noire qui ressemble à une flaque de pétrole vivante. Bérangère commence à ressentir la peur, toutefois, cette démonstration démoniaque lui donne encore plus envie de terminer sa besogne et ne s'arrête guère, même si la flaque de pétrole vient lui coller à la peau et que des torrents de hurlement viennent faire saigner ses oreilles. À la dernière lettre, elle retire son canif et tout revient à la normal en aussi peu de temps qu'il faut pour le dire.

« Intenssssse... » Murmure-t-elle à soi-même.

Après quoi, elle tourne sa tête vers l'inconnue alors qu'elle sent une sensation bizarre sur sa peau. Comme si des milliers de fourmis marchaient sur son corps et, inconsciemment, un « Sssssssssss » digne d'un serpent sort de ses cordes vocales.

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Dernière édition par Bérangère Nithingal le Dim 8 Mar - 13:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Dim 25 Jan - 15:28

station papineau

à minuit le soir


Coulis de bave sur le coin de ma bouche. Je me réveille brutalement de je ne sais combien d'heures de sommeil. Trois minutes. Six jours. Dieu seul le saurait s'il avait eut un minimum de décence dans son beau ciel tout bleu. Ce qui m'a tiré de la sieste improvisée c'est un cri lointain, comme un échos violent de soldat parmi les quelques membres silencieux d'une opération douloureuse.

« Neueste Ratten in der Gaskammer! Und machen es bissig! »

Et encore une fois. Sur le même ton hystérique et agressif. Mais féminin. Encore plus loin.

« Neueste Ratten in der Gaskammer! »

J'entends ensuite le son d'un grillage qui se referme et le silence revient dans mes oreilles. Ma tête me cogne de bien des douleurs, et mes lèvres me font mille brûlures tout aussi souffrantes de haut comme de bas. Je les touches, tout en me frottant les yeux pour les sortir du marchand de sable; gercées jusqu'au sang. Seigneur... J'ai si soif? Oui. Vraiment. Je tâte le banc à côté de moi pour trouver ma sacoche - je dois y avoir une boisson énergisante ou deux - mais je ne la trouve pas. Enfin, j'ouvre les paupières et me redresse.

C'est sombre, assez sombre. Mais pas assez pour que je ne puisse pas discerner les murs autour, et leur crasse. Et leurs coulisses de cendre. Et leur poussière. Et les minuscules fenêtres à barreaux. Et l'odeur de souffre putride. Et l'amiante, je peux presque la voir s'infiltrer dans le creux de mes globes. J'observe le tout un bon moment et... je réalise que je suis dans une sorte de cellule.

Un grattement me fait tourner la tête. Il y a cette petite qui gratte à quatre patte par terre. Je la reconnais. Elle était avec moi, tantôt. Je la fixe, et dresse le cou pour regarder par dessus son épaule... Elle creuse un trou. Elle tente de sortir. Et je ne crois franchement pas que ce soit aussi facile dans la situation où nous sommes. Elle se retourne et ses deux billes noires de yeux me fixent jusqu'au creux de l'âme. Pas très longtemps, je retourne le visage. Elle a un visage de rongeur, la tête d'un souris qu'on a pris plus d'une fois dans la trappe, mais qui en est restée totalement lucide. Je déteste les souris. Je déteste les animaux. Je ne veux même pas respirer le même air qu'elle.

Et pourtant... Me voilà coincé dans je ne sais quelle prison avec elle. Petite souris muette. Je me gratte la tête et me dis bêtement qu'une bonne cigarette serait magique à l'instant. Je regarde mes vêtements qui sont, comme ceux de l'autre vivant de la salle, des haillons rayés de blancs et de bleu pourris. Mais avant, j'aimerais bien savoir où je suis, tiens. Un sifflement. Avant même que je puisse penser à autre chose. Je tourne le menton vers l'autre et la seule présence de ce châtiment et sursaute: elle est rendue si prêt de moi. C'est cette tête de souris qui m'a sifflée? J'ai la surprise à la gorge si bien que je me relève d'un coup sec et me cogne le dos au mur crade derrière moi. On étouffe. J'ai l'impression que je vais manquer d'air d'ici quelques heures tout au plus.

Je me calme. Ma respiration et mon pouls reprennent un rythme normal. Ce n'est qu'une personne comme une autre, aussi victime que moi, apparemment. Je lui demande presque où nous sommes, mais ma bouche se referme. Je ne préfère pas fricoter avec les souris. Ni avec aucun animal qui soit. Je déteste, déteste les animaux, Sainte Merde de Joseph la Pédale. Tiens, j'invente de beaux sacres quand je suis prise au piège.

Je me dirige sans grandes attentes vers la fenêtre minuscule face à moi. Je jette un coup d'œil... pas grand chose ;a voir. Un corridor, vide, avec une dame en grand manteau de soldat qui quitte la pièce et referme la porte derrière elle. Attends... J'ai bien vu? Sur son bras... Rouge, et noir, et blanc... Est-ce que c'était..?

Je m'empresse de me rendre au mur tout prêt et glisse mes mains sans gêne sur le haut de la cellule, juste à la jonction du mur et du plafond trop bas. Des conduits grillagés de métal. Et beaucoup trop, à part de ça.

Des nazis. Un four immense. Une souris comme compagnie. Et bien, ma petite polonaise, t'es bien mal foutu là. Tu vas crever à côté du symbole même du juif, ma belle. Pourquoi, gros taré de truie de père, il devait être de Pologne?! Je suis faite. Faite comme un rat. Comme la souris blanche juste à côté de moi.

« Et merde... Merde merde merde... »

Je m'adosse au mur et me laisse tomber sur le cul. Mes jambes sont trop molles pour faire quoi que ce soit d'autre que de s'évacher de formes incongrues. Je porte mes paumes sur mon visage et serre les dents. Attends. La souris blanche? Elle n'était pas rousse, quelques coup-d'œil plus tôt? Je regarde mon unique compagne. Je l'avais cru rousse. Non, c'était une petite souris blanche, en fin de compte, avec des yeux rouges comme le sang qu'ils reflétaient. Un albinos, autrement dit.

Je laisse tomber mes bras et commence à rire. Comme c'est ironique que je sois coincée dans une chambre à gaz avec une souris en étant moi-même le déchet des nazis de par le sang. Tout est claire: je vais crever. Avec elle. Ma question est plutôt:

« Pourquoi on est pas déjà mort, nous? »

Que cette fois, je me résigne bien à poser à la souris.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Sam 14 Fév - 11:20

Monde souterrain

à l’heure du crime


Sa compagne d’infortune est étrange. C’est le moins qu’on puisse dire. En fait, non, elle est drôle. C’est le mot qui lui convient le plus, indéniablement. Bérangère se rapproche de son corps et la voit, sous l’effet des champignons du pouvoir aliénant des illusions. Ce qu’elle doit voir semble chaotique, effrayant même ! Un sourire malvenu se dessine sur les lèvres de la Petite Araignée. Sa compagne croise le fer avec l’Enfer et cette perspective la rend joyeuse. Et… merde, merde, merde ?

« Si Dieu est un Être… C’est de la merde… » marmonne-t-elle, pensive, cherchant les paroles du bout de la langue.

Elle se souvient d'avoir entendu ça quelque part. Une chanson peut-être ? Oui, surement. Et dès que sa mémoire la martèle de cette grotesque musique aux paroles qui font référence aux excréments comme une artiste pop référence le cœur, la mélodie résonne dans son crâne, avec ses solos de piano, l'air et le techno brutal. Ses pensées vont à la vitesse des sons imaginaires et le temps ralentit, se déchire et bien qu'une comparaison au sexe anal soit de rigueur, il n'en sera rien. Bérangère grandit et dévisage l'inconnue du haut de sa folie qui s'élève. Et quand l'autre parle de mort, la musique s'arrête pour laisser un silence qui d'abord rendait anxieuse la psychotique avant que celle-ci tende son bras vers elle, un doigt pointé vers son nez. De son point de vue, la Petite Araignée a un bras qui s'allonge et la peau de celui-ci attrape d'étrange rides tandis que ses muscles se raidissent. Ses doigts devinrent squelettiques. N'était-elle pas plus près d'un serpent tout à l'heure ? Elle sent son corps se déformer. C'est peut-être pour ça qu'elle faisait un bruit de serpent, ses cordes vocales seraient aussi affectées. Serait-ce un retour, à son tour, vers les Flammes ? Ça n'aurait rien d'étonnant : elle est dans les noirceurs souterraines.

« Si tu ne saignes plus, alors tu n'as plus de corps. Si tu ne pleures plus, alors tu n'as plus d'âme. Mais avons-nous besoin d'une âme pour trépasser et vivre la mort ? Est-ce que l'âme n'est qu'une partie de l'esprit ? Devenons-nous seulement, au final, que des souvenirs perdus, des fantômes, des épaves de l'humanité ? Tant de questions.... Questions... Qu'est-ce qu'une question déjà, ô ma mangeuse de champignons défendus ? Es-tu là ? Où es-tu ? Où es-tu ? »

Qui est là ?


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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Dim 15 Fév - 10:33

station papineau

à minuit le soir




La petite souris lève son bras droit, droit, droit, droit. Dans tous les sens du terme. Elle fait allégeance à la petite führer des temps anciens. Je pense à ce juif suicidaire qui a liquidé un chiffre impossible de ses semblables par amour pour l'Art. Parce que c'était le châtiment à offrir, faute de n'être devenu peintre. La petite souris, devant moi, elle est peintre? Je suis peintre. Ça veut rien dire. Est-ce que je suis Hitler? Bien sûre que non. Je regarde mon corps. Non, d'accord. Non. Je suis presque soulagée, et je me trouve plus tarte que la vitrine du Rockaberry.

« Si tu ne saignes plus, alors tu n'as plus de corps. Si tu ne pleures plus, alors tu n'as plus d'âme. Mais avons-nous besoin d'une âme pour trépasser et vivre la mort ? Est-ce que l'âme n'est qu'une partie de l'esprit ? Devenons-nous seulement, au final, que des souvenirs perdus, des fantômes, des épaves de l'humanité ? Tant de questions.... Questions... Qu'est-ce qu'une question déjà, ô ma mangeuse de champignons défendus ? Es-tu là ? Où es-tu ? Où es-tu ? »

Quand je relève le menton, il y a toujours l'énorme tête de souris qui me fixe et me fait loyalisme d'un bras tendu. Je la regarde et mes globes s'extirpent eux-même de leurs paupières comme des grands. Quoi? Pourquoi elle dit ça? Je louche mes yeux pour regarder son doigt qui pointe le beau milieu de mon visage. Je me frotte le nez et repose mon attention sur ses petites billes rouges qui saignent sans couler. Je déteste les animaux. Surtout ceux qui sont albinos. Ça me dégoûte. Mais je dois tenté de rester concentré sur ce qu'elle a dit. Après tout, nous sommes coincées ici pour un bon moment...

Attends. Elle a parlé de champignons défendus? J'ai pris du mush, non? Je suis salement embêtée, là. Je suis en train d'halluciner, non? Ah... C'est pas vrai! Mais quelle connerie de foutoir de couillons! Où je suis? Où je suis? Je suis bien dans... dans hum... Je me souviens plus très bien. Je tourne sur moi même, une marche de trois-cent-soixante degrés qui dure un soupire complet pendant lequel je me frotte la tête et le visage. Elle me pause des foutues grosses colles, la petite souris. Je commence à l'imiter à me ronger la peau morte de la lèvre inférieur. Je la gruge, je la ronge... Tellement qu'après un moment, elle ne vont même plus paraître gercées, ces lèvres.

« T'as trop de questions, ouais. Puis ta vie est trop courte pour que tu t'embourbes dedans, crois-moi. Faut juste essayer de pas comprendre pourquoi y'en a qui la passe derrière un bureau à se faire chier ou dans leur salon à caresser des chiens qui se foutent de tout hey tu sais où on est pour vrai? »

Je sens que je commençais à débarquer sur un sujet qui m'emporte pour trop peu. Des choses à détester et à faire pleurer. Bien sûre que je suis capable de pleurer, encore. J'ai une âme. C'est bien, quoi. Peu importe c'est quoi l'âme, au final. Et puis, bien franchement, elle m'a titiller avec son fondamentalisme sortit de nul part. J'aimerais bien savoir on est où, si on est pas dans une chambre à gaz. L'idée de lui demander si j'ai bien un numéro de tatoué sur le bras m'arrache la bouche, mais avant mes dents m'arrachent la peau.

J'ai un lapsus douloureux de la gueule, comme quand on se mort la langue par accident, et une brûlure infernale me monte de la bouche aux orbites. Je viens de me pelé un énorme morceau de lèvre encore bien vivant. Fuck, my bad! Je sens le liquide couler sur mon menton, et je souris à pleines dents. Comme si j'avais une victoire quelconque.

« Ah-ha! Je saigne, regarde! J'ai encore un corps! C'est bon signe, hein? »

Je m'éponge, après avoir étalé ma preuve, du revers de ma manche. Ça fait quand même mal, mais ça va passer, de toute façon. C'est un bon signe quand on veut rester en vie. Moi, j'aimerais bien rester en vie. Parce que y'a encore du bonheur dans un tas de truc. Et puis, d'autres n'ont pas eut le choix de rester en vie. Moi je l'ai. Faudrait bien que j'en profite.

Je juge encore la souris. Puis je remarque que ses poils sont assez rêches. Ses palettes avant ont poussées ou c'est moi qui regarde croche? Elles ont jaunies, aussi. Ses yeux sont toujours aussi rouges. Ses oreilles, beige et pleines de reliefs de veinures. Ça y est, je suis de moins en moins bien en sa présence. Il faut que je lui demande, parce que ça va sortir en vomit si ça sort pas en paroles:

« Dis, toi... T'es plus, genre, une souris ou un rat? »

Parce qu'il y a une large et terrible différence, vous serez d'accord.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Sam 28 Fév - 18:32

Monde souterrain

à l’heure du crime


Trop de questions ? Ou pas assez ? Bérangère fronce les sourcils devant cette affirmation plus qu'étrange. Après tout, il n'y a-t-il guère plus important questionnement que celui qu'on se pose lorsqu'on se demande si nous sommes encore vivants, encore morts, encore en enfer, encore au paradis ou tout simplement là ? Est-elle là d'ailleurs ? La rouquine se pince la cuisse droite pour s'assurer de sa matérialité et se rend compte qu'elle possède toujours une consistance physique, qu'elle ne s'est pas élevée, pour le moment. Elle ne porte plus attention à ses propres déformations physiques et dévisage l'inconnue, essayant de lire au sein de ses yeux toute l'étendue de sa fermeté d'âme. Elle tente de débloquer la porte de ses rétines et d'y voir quelque chose qui la fera peut-être changer d'avis. Après tout, il n'y a pas plus grande pertinence que ses interrogations, à son avis.

Sa vie est trop courte ? Visiblement, l’étrangère ne la connaît pas et ne peut point lire dans ses pensées. Bref, elle est une étrangère ordinaire qui a l’habitude de manger du champignon à la tonne dans le métro, la gorge du ver mangeur de terre. Bérangère estime avoir vécu des siècles et des siècles. Peut-être l’adulte pense qu’elle n’est qu’une gamine mais aux yeux de la psychotique en puissance, c’est elle l’enfant écervelé qui ne sait rien du tout, qui a tout à apprendre. Elle recule légèrement, sentant soudainement un dédain envers cette chose. Sa nouvelle connaissance lui apparaît comme antipathique. Où on est ? Voilà qu’elle se contredit !

« N’était-ce pas toi qui me jugeais comme la sotte qui pose trop de questions ? Que j’alambique ? Oh j’pense que oui ! Et en réponse à cette offense, je ne piperais mot quant à notre localisation. »

Nithingal, vexée ? Un peu. En fait, elle n’a pas apprécié la réponse de son interlocutrice. Par conséquent, elle affiche une mine boudeuse et légèrement accusatrice tout à la fois. D’abord, elle disait qu’elle posait trop de questions. Puis, elle lui baratinait que sa vie était courte. Finalement, la terrible incohérence est venue telle la cerise sur le gâteau sur ce malentendu entre les deux femmes ! La distance qui les sépare semble désormais beaucoup plus grande à la jeune demoiselle. Son cerveau réagit et exprime la mésentente par la distance. Bérangère avait déjà oublié le sifflement du serpent, la déformation de ses bras, pourtant, elle se rappelle de son vandalisme. Ainsi, un sourire discret se dessine sur son visage alors qu’elle se retourne vers son crime. Elle est fière, d’une certaine façon. Une fois de nouveau assiste à sa place, l’autre revient lui parler. Mais que veut-elle, celle-là ? Ah… L’inconnue saigne. Elle voit difficilement le sang mais son imagination fertile (ou sa vision, comment savoir ?) lui montre un liquide quelconque qui coule. Ses hallucinations se sont calmées. La musique, les déformations, le serpent, tout a l’air d’être parti. Quand reviendront-ils ? Impossible à prévoir.

« Certes. »

Bérangère lève un sourcil, une fois de plus touché par une dose de vexation.

« Moi ? Rongeur ? Ma pauvre, tu es décidément emporté ma parole ! Hm… Si je te disais que je ne suis ni souris qui couine ni rat qui pollue ? Ah ta colle m’énerve… Je suppose que tu veux une réponse indépendamment de mon attitude réfractaire ? »

La psychotique entend un oui étouffé, totalement tiré de son cerveau. Elle sort une pièce de monnaie de sa poche.

« Rat… souris… rat… souris… Je vais laisser le hasard décidé, tiens donc ! Face de souris et pile de rat, c’est toute une diaspora ! Hm… Pile !? J’ai eu pile ! Satisfaite ? Par ailleurs, as-tu prénom ou nom ? Un mot qui te désigne personnellement ? Une couleur favorite ? »


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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Mer 4 Mar - 23:32

station papineau

à minuit le soir




Mais de quoi est-ce qu'elle parle?! que je me demande autant du visage que de l'esprit. Je l'ai traité de sotte? Je m'en rappelle pas. Peut-être que oui. Tant pis si elle le prend mal. Toujours est-il qu'elle ne veut pas me dire où on est. Caca sale. Ça ne m'explique pas de si on va crever ou si je vais pouvoir fumer une top bientôt. Ça ne me dit pas non plus si elle est un rat ou une souris. Mais ses poils... Sa fourrure semble s'être hérissée, ma foi. J'écarquille les yeux et regarde ses oreilles, ses dents, ses joues truffées de blanc... Tout sauf ses yeux, en fait. Ses poils sont plus drus. Et ils se sont dressés, comme ceux d'un chat qui siffle. Bordel de putes! Elle commence à me faire peur, la petite...!

Toujours est-il que je ne comprends pas trop pourquoi elle est monté sur ses grands chevaux. J'étais plein de bonne intention à lui dire de pas s'embourber dans ces questions philosophiques, pourtant... Pourquoi les gens s'en font autant avec tout ça? Oh... Oh-oh! Peut-être parce que je suis Polonaise? Ou parce qu'elle est antisémite? Ou peut-être qu'elle est traitre et qu'elle veut me tuer avant que quelque chose d'autre ne le fasse? De toutes mes conclusions, aucune ne vaut la peine d'être demandée à haute voix: le racisme, ça se réfute pas. Ça s'enterre. Et puis, bon. Je suis même plus sûre de ce qu'elle est, alors j'ose pas trop me fucker davantage.

Puis là, elle est vexée, vraiment on dirait, à cause que je sais pas trop si c'est un rat ou une souris. Oh merde, je me sens un peu mal, là. C'est quand la dernière fois que j'ai confondu un chien avec un chat? Ça doit être la même chose pour les rongeurs. Boah... Et puis, à quoi bon. J'veux dire, elle, elle saurait différencier un français d'un anglais? Ils sont tous pareils. Comme les rongeurs sont tous pareils, ou presque. Mais il y a quelque chose qui me pique à vif. C'est cette hypothèse qu'elle a. « Je suppose que tu veux une réponse indépendamment de mon attitude réfractaire ? » Mon regard s'illumine et je me dresse sur mes fesses. J'y avais jamais pensé, mais... Mais c'est totalement plausible.

J'ignore, pour le moment, ses questions bien polies sur ce que je porte comme nom et ce que j'aime comme couleurs et je me lève. Je vais juste lui faire une pichenette sur le bout du museau. Rien qui fasse mal, juste question de l'embêter. Je vois ses dents pousser croches, jaunes et déchirantes. Et ses poils se raidir sur sa tête. Ses yeux s'injecter de rouge et ses oreilles prendre des veinures et des coupures totalement d'égouts. Elle devient un rat, carrément.

« Ah. Bah oui, voilà. »

Comme si c'était l'évidence éternelle, autant que 42 est le sens de la vie. Je retourne m'asseoir et je trouve un petit sac brun très sale à côté de moi. Je m'évache gracieusement sur les bancs autour de moi et plonge la main dans le sac. Des débris, que je jette sur le sol, puis je trouve un vieux morceau de pain dur comme la pierre. Je prends une bouchée et mastique difficilement avant d'avaler tout de travers, quand même satisfaite. Puis je regarde ma compagne. J'hésite à partager. On a des rations à protéger? Ou je me sens généreuse sur nos dernières heures à vivre et je devrais partager pour conserver l'humanité en nous? L'humanité... haha... C'est un foutu rat...

« Je suis... »

Je regarde sur mon bras. Il y a un tatouage. C'est mon numéro. Pas besoin de nom, ici, anyway.

« Je suis numéro vingt quarante-huit soixante-trois. Un mot qui me désigne serait... euhm... pneu. Et j'aime beaucoup le bleu. Et... toi? »

J'hésite et lui tends mon morceau de pain. Je partage. Okay. Mère Thérésa, elle va verser une larme, attention.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Dim 8 Mar - 15:07

Monde souterrain

à l'heure du crime

Bérangère est un peu décontenancée, il faut le dire. En colère ? Non. Il en faut plus pour qu'elle sorte de ses gonds et encore, on s'étonne qu'une personne aussi atteinte par la maladie mentale puisse manifester le calme dont elle fait preuve. Certes, de sa langue elle peut piquer ceux qui la vexent mais ce n'est pas en étant aveuglé par ses émotions du moment qu'elle s'y met. Avant d'entrer dans le tunnel souterrain, avec les deux filles, elle a haussé le ton d'un cran mais était-elle en furie ? Non, elle ne l'était pas. Elle disait purement et simplement ce qu'elles pensaient de ces demoiselles qui, selon elle, étaient des peureuses ainsi que des fausses aventurières. À bien y penser, il y avait une bonne dose d'accusation féroce qui se dégageait de ses mots.

La rouquine ne s'attendait pas à ce que l'autre se lève pour venir la voir. C'est la première fois qu'elle la voit quitter son banc depuis le début du trajet, c'est donc d'un oeil surpris qu'elle la vît marcher la bonne dizaine de mètre qu'elle fabule entre son corps et le sien. À peine eut-elle le temps de se rendre compte qu'elle s'approchait un peu trop dangereusement à son goût qu'une pichenette vient frapper la masse cartilagineuse qu'est son nez. Alors, là, un froncement de sourcil sévère vient d'apparaître sur le visage de la jeunette. D'un geste mécanique, son canif revient entre ses doigts et une lame pointe le bout de son nez tel un magicien arrivant en un clin d'oeil. Elle ne le lève pas en l'air pour que toute l'humanité sous terre puisse bien observer son arme, bien qu'elles ne soient que deux dans le wagon mais sait-on jamais. Par contre, il est suffisamment visible pour qu'on puisse le remarquer et ce serait une bonne chose pour quiconque se retrouvant à l'endroit exact où se trouve la rousse. Thug life, disent les rappeurs. Bérangère n'est pas fâchée, le mot n'est pas juste pour décrire son état. Contrariée conviendrait mieux. Puisqu'elle ne veut pas que Miss-vingt-quarante-huit-soixante-trois revienne proche de son enveloppe physique, la psychotique préfère être claire. Du bout de sa lame enchantée, elle entend crisser le métal. Un chant de mort résonne. C'est bien, cela effraie les ennemis. La mangeuse de champignons lui paraît plus laide qu'auparavant. L'inconnue dit pneu et bleu, ce qui rime, avant de tendre quelque chose. Bérangère ignore froidement cet acte d'amitié, si on veut, en gardant sa lame quelque part contre le côté intérieur de sa cuisse droite pour y laisser une pointe qu'elle pense scintillante sortir pour qu'on se doute qu'elle possède les outils adaptés à la défense. Paranoïaque et excessive pour une histoire de bête vexation ? À peine...

« Winter Summer Chopin. Céleste est mon mot et rouge ma couleur. »


C'est son genre, à Bérangère, de donner des noms différents à tout-va tout vient comme si le sien n'avait jamais existé. Pourtant, elle sait que son prénom d'origine est Bérangère et qu'elle descend des Nithingal. Dû moins, descendait serait une conjugaison plus fidèle. Depuis sa transformation, sa dissociation de l'adolescente qu'elle était, elle ne se considère même plus leur enfant grâce à sa renaissance, ce qui ne l'empêche aucunement de supplier de venir vivre chez eux lorsqu'elle ne sait pas où aller. Elle referme sa lame, sentant qu'une partie du danger s'est écartée et que la Faucheuse n'arrive pas à lui faire peur par sa musique. Un soupir de résignation souffle par sa bouche. Sa contrariété semble diminuer rapidement et pour cause que l’étrangère est retournée à son banc. Puis, la précédente démonstration subtile de son arme lui a donné un brin de confiance.

« Je ne t'aime pas beaucoup numéro vingt quarante-huit soixante-trois mais si tu ne veux pas passer la sardonique éternité avec des dialogues glacials qui contrasteront avec la chaleur des fourneaux à humains, je te conseille de prendre en considération certaines choses comme celle-ci : tant que nous serons dans des visions distinctes, nous ne pourrons pas nous comprendre surtout que tu es très bizarre. En gros, je pense que... peut-être devrions-nous moins s'enguerrer et établir des ressemblances. C’est ce qu’on nous apprend à l’école et ce n'est pas le temps qui manque : nous sommes à la maison de Lucifer, il y en a en abondance ! »


Est-ce une insulte ? Plutôt un fait. Pour la rousse, Claire est dans sa totalité un être étrange aux tendances hostiles. Une part raisonnable de Winter Summer Chopin lui dit qu'il serait bon qu'elle entretienne une relation moins basée sur la confrontation. Sinon, l'éternité qui s'approche sera doublement plus longue... et sanglante.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Ven 3 Avr - 16:54

station papineau

à minuit le soir




Bien que la petite à tête de souris ou de rat ou d'un quelconque rongeur albinos semble complètement terrifier, rien de son visage n'évoque la crainte. Non, c'est plutôt son comportement: la manifestation inutile d'une arme, le bruit plus qu'agressant du métal qui se frotte à son jumeau dans la plus stressante des secousses, son dénis total à manger de mes miettes de pain... Pauvre petite souris. Ou plutôt, mais qu'est-ce que ce rat est en train de planifier? Pour le moment, je me rends compte que je suis heureuse de ne pas avoir à partager parce que je mange mon pain rancis comme si ça avait été une brochette de smoke meat gras gras gras. Ça goûte rien mais c'est bon en esti dans l'estomac.

Elle se nomme alors Winter Summer Chopin. On dirait un nom que sa mère a tiré de deux des trois mots qu'elle connaissait en anglais plus du patronyme qui irait bien sur la musique de ses funérailles. On dirait pas un vrai nom du tout, en fait. Mais c'est rien de surprenant. Je sais pas pourquoi elle aurait dit son vrai nom après que je ne lui ai clairement pas dit le mien. Clairement pas. Haha. Toujours était-il que céleste est un mot très grand et magnifique pour qu'est-ce que la jeune souris dégage. Faut pas se fier aux apparences, je sais. Mais je déteste les animaux à la base, donc les préjugés envers eux sortent facilement de mon crâne. Et j'arrête de fixer mon repas merdique un moment pour lever mon menton vers son visage, les joues pleines de bouffe dans la plus étouffée des élégances qui soit. Je me dis, peut-être stupidement, que c'est normal que sa couleur soit le rouge; elle doit voir que ça avec ses yeux plein de sang. C'est tellement dégueulasse. Scoop Dog arriverait pas à un tel niveau de veinures de ses globes oculaires. Ou peut-être, on sait pas. Et qu'est-ce qu'un polonaise incarcérée par les nazis prise avec un rat mesquin aurait à crisser de Snoop Dog de toute façon?

J'arrête de la fixer en ravalant ma bouchée qui a fait frémir Gargantua le moment où je vois qu'elle range ma lame. C'est bien, je commençais à m'inquiéter, justement. Quand on connait pas les autres, surtout ceux qui ne semblent pas s'en foutre comme Mademoiselle Chopin, on peut jamais a prévoir quand ils auront l'idiotie de la violence par la tête. Là, au moins, si elle l'a, bah ça sera sans canif. Ça me ferait moins mal. Et c'est là qu'elle prend parole, comme pour amuser l'empereur con qui se gave d'un festin. Sauf que l'empereur con n'a rien d'un empereur con et le festin est un restant moisis. Mais sinon c'est pareil.

D'abord qu'elle dit qu'elle ne m'aime pas beaucoup, ce qui ne m'affecte pas. Que cela m'affecte aurait été étrange, d'ailleurs. Qu'est-ce que j'ai à foutre d'une petite salope de souris qui ne ressens pas d'affection pour moi? Tant mieux, peut-être?! Je sais pas. Qu'importe, ce n'est pas l'indifférence des inconnus face à la mienne qui me fera pleurer de si tôt. Je suis pas assez gelée pour ça en tout cas. Non, ce qui attire mon attention, c'est les considérations que Mademoiselle Chopin m'incite à prendre. Elle est peut-être craintive d'apparence et céleste de mot, mais elle est surtout pas newfie, c'est clair.

Qu'elle me trouve bizarre ou banal, okay, rien à cirer. Qu'elle tente de maintenir un terrain d'entente, j'admire! D'abord, c'est moi qui avait la trouille et qui a commencé à conversation. C'est une très bonne initiative et dès que la référence à nos établissements scolaires quitte ses lèvres, un sourire radieux s'empare de mes yeux. Celui sur mes lèvres est plus subtile, mais il existe si on se force à le voir. Je cesse de m'évacher sur mon banc et froisse en mille morceaux ce qui contenait mon pain pour m'asseoir sur le banc sans confort de métro le dos courbé et les coudes bien appuyés sur mes genoux. L'heure de l'entreprise a sonné. Dans la maison de Lucifer, à part de ça!

« Bah déjà je suis contente de voir que y'a pas que moi qui trouve que cet endroit est un câliss de trou de crottés. »

C'est mon interprétation, ou à peu près, de ce qu'elle prononce « maison de Lucifer ». Et le défi s'annonce brasier, en effet.

« C'est chill. Ça me fera changement que de faire le professeur, tiens. Allons-y. »

Puis je la fixe, puis je me défonfite. Encore plus, je me déconfiture. J'ai tellement de mal à trouver une ressemblance avec une saleté de rat. Ou avec un mignonne souris aussi, je sais pas. Ouais, plus une souris, en effet... Ses dents sont plus petites et écartées que tantôt, et son poil est maintenant plus doux que dru. Si j'avais pas peur des puces, je penserais peut-être oser la flatter, dans le genre. Je me racle la gorge. Je vois pas en quoi commencer l'énonciation, visiblement. Je feuillète des yeux les alentours, à la recherche de quelque chose de sympathique qui m'inspirerait. Et déjà, les reflets de ces murs de mort autour de nous ne me disent que ça sur la langue:

« Bah... Tu t'es retrouvé ici comment, toi? »

...Et moi? Ouain... Je sais pas trop. Sûrement que j'ai été droguée. Sûrement.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Mar 7 Avr - 13:15

Monde souterrain

à l'heure du crime




Winter Summer
n'imite pas l'enthousiasme de sa compagne d'infortune car oui ; elle semble être superbement enchantée de cette proposition d'alliance qu'elle lui a faite plus tôt. À dire vrai, la rouquine ne s'attendait pas à un changement aussi prompt dans les rapports mais c'est tant mieux ; au moins, si elle est contente, elle n'aura plus idée de lui toucher le nez avec ses sales pattes et c'est ça l'important. Le visage de notre psychotique se crispe un peu alors qu'elle écoute les vulgaires paroles de sa guerre froide. Ses oreilles tressaillissent et un profond dédain vient de gonfler au sein du coeur de la petite. Voulait-elle s'allier avec cette chose aux mots grossiers ? Toutefois, au fond, n'avait-elle pas un vocabulaire à peine plus riche il y a des millénaires de cela, alors qu'elle n'était qu'une de ces sans-âmes sans-vies sans-intérêts qui n'avaient rien à faire à l'intérieur de ce globe d'existence mis à part baver sur un garçon qui n'était qu'une illusion, une suite d'idées fantasmagoriques naïves de jeunesse qui se voulaient en chair et en os cependant il se révélait à n'être que ce qu'il était vraiment ; une déception. Peut-on en vouloir aux garçons ? Pas tous, bien entendu ; la gent masculine n'est pas entièrement faite d'imbéciles (et cette remarque est valable dans les deux sens) et les généralités sont trompeuses, néanmoins, pour Bérangère c'était ce type et pas un autre. Bref, en entendant ces mots sales lui transpercés les oreilles en lui faisant coulé du sang bleu imaginaire des tympans, elle a l'impression d'entendre la voix criarde de l'ancienne elle au fond d'un abysse qui demande qu'une corde, aussi mince et utilisée pour pendre les âmes malheureuses qu'elle soit, pour qu'elle puisse enfin retrouver un simili de lumière et qu'on puisse finalement voir sa détresse : invisible parmi toutes les autres détresses dans le noir absolu.

Pour ça, elle ne prononce guère plus qu'un mot qui trébuche sur ses lèvres pour n'être, qu'au final, qu'un vague bruit d'hésitation. Puis, Bérangère ne voit pas quoi répondre à cette triviale langue qui la pousse à revoir des fantômes qu'elle s'entête à enterrer ; non pas des spectres, que disait-elle ?, mais des zombies ! Les êtres spectraux possèdent une certaine élégance : les paroles de l'étrangère pas réellement. Donc, ce qu'elle fait sortir par ses dires n'est nul autre qu'un zombie décomposé et laid ou bien un squelette fait de vieux os jaunis. Nithingal sent presque de la viande vomitive se faire écraser sous ses pieds, par le métro pourtant immobile. Sur cette incohérence, la rousse scrute la fenêtre en recevant la question de l'inconnue. Pas de mouvement à l'extérieur. Donc, le transport avance tout en restant immobile. C'est insensé. C'est impossible. C'est diabolique ; donc normal, sommes-nous pas à l'intérieur de la maison de Lucifer ? Mademoiselle Chopin hausse les épaules en se retournant vers Claire : autant elle le fait en guise de début de réponse, autant elle fait ce geste pour soi-même face à la situation délirante où elle seule a le secret.

« Je voulais me procurer des artifices végétales et, comme la chasse-galerie avec les modestes bûcherons il y a longtemps, il me semblait que ce transport maléfique fut le plus rapide pour aller voir un camarade à moi. Je devais être accompagné par deux femelles mais elles m'ont abandonné odieusement. Des vraies slutigonformeparémites celles-là ! Tu vois ce que je veux dire ? »


Une slutigonformeparémite est, expliquée simplement, le mélange entre ce qu'on appelle une minette, une méchante fille et une idiote. Par ailleurs, fait intéressant ; le commencement de ce mot inventé par Bérangère est « slut » ou putain en français. Toutefois, suite à quelques réflexions, elle s'est dite que ce terme ne correspondait guère à ce qu'elle voulait exprimer en réalité. Par conséquent, avec sa baguette magique linguistique, elle en a fait un mot qui lui plaît mieux et qui, à son avis, avait plus de richesse vocale qu'un simple juron. Est-ce que Claire pouvait le savoir ? Bien sûr que non. Au moins, il est toujours possible d'en déduire le sens en se basant sur les premières lettres. Chopin esquisse un sourire apaisé, à mille lieux de la tension qu’à pu lui fournir l’apparition du zombie, l’oubliant presque pour conserver avec la dame bizarre.

« Et toi ? Voulais-tu voyager ou es-tu enfermée ? Ah, par ailleurs, numéro vingt quarante-huit soixante-trois, es-tu une aventurière, une voyageuse, une touriste, une pilleuse de trésor ou une conquérante ? C’est une chose importante à savoir, vois-tu, et tu ne peux pas diverger des choix de réponse. »

Elle lui avait bien demandé si elle était une souris ou un rat...

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Ven 22 Mai - 19:31

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« Oui, je vois qu'est-ce que tu veux dire, Martin. »

Pas du tout. Mais amener la confusion à ce pauvre petit pêcheur de canot volant serait un geste sur échiquier assez dépravé. Et que Martin Chopin la souris albinos et moi soyons du côté des pions blancs ou non, vaudrait mieux se faire à l'idée qu'on a le reste de notre vie encore pour se faire donner des mats en quelques coups pour encore trop peu de souffle. Alors bon; autant s'adapter à l'environnement et sa compagne! Quelle dure dure vie.

Je la regarde à peine, bien trop occuper à finir mon sac de bouffe dégueulasse et si plaisant. Mais j'essaie vraiment de comprendre à quoi elle fait allusion. En gros, j'imagine que son pusher lui devait quelques manques, et que ses copines d'école buissonnière ont décidé de ne plus l'accompagné à entendre son vocabulaire sans dessus dessous. Ou pour une autre raison plus évidente qui m'échappe. Comme une tête de rat ou je sais pas.

Alors là, là je peux comprendre sa détresse abyssale infinie. C'est sûre que de se faire planter comme un chou à la mode de chez nous par deux pétasses qui nous appelaient «amie» est chiant. Rater l'occasion de se défoncé au plus sacrant aussi. Puis, être coincé dans sa tête de la sorte doit devenir claustrophobique, parfois. Pas que je juge les effets des drogues malsaines sur le crâne. Qui serais-je pour juger les effets des drogues malsaines sur le crâne, Dieu du Ciel?

Elle me retourne la question. Je la regarde. Ses petits yeux rouges me fixent comme si j'étais un gruyère - mmh... j'ai faim. Son museau se retrousse quelques rapides fois, à faire vrombir ses moustache silencieuses, et sa petite nuque nerveuse s'agite de la gauche à la droite. C'est l'attitude du plus curieux des rongeurs. Peut-être n'est-il que simplement affamé, comme moi. Peut-être va-t-il me bouffer. Non, je ne crois pas. Mon dernier verdict s'était établi sur le fait qu'elle était une souris, pas un rat.

Je m'effrite les mains pour faire tomber les miettes sur le sol puis je ma penche vers elle, accoudé sur les genoux et le dos courbé dans l'intimité de notre solitude universelle profonde, dans cet endroit de merde là. Je la regarde, un peu perplexe. Les temps sont durs, durs, durs, on le dira jamais assez. La pauvre compte même les holocaustes comme des colonies de vacances. Je suis presque jalouse, chanceuse va. Enfin. Vaudrait mieux que je lui explique avant que ses idées ne moisissent dans quelque chose de joyeux.

« Non, en fait, t'es pas vraiment proche, désolée de te l'apprendre. Je suis un cochon, et ici, c'est un abattoir. Si je porte le numéro de vingt quarante-huit soixante-et-trois, c'est que j'ai pas d'identité. Parce que les cochons n'ont pas d'identité, tu sais bien. Je suis ici comme une crasse vivante qui va se faire tuer. Je suis prisonnière, cela va de soit. Jamais je serais ici de mon plein grès. En Belgique, peut-être. Pas ici. »

Le porc. Le chocolat de Bruges. J'ai faim. Vraiment, vraiment, on dirait. Je lui fait une moue dépitée et désolée, tout autant sans soucis pour le reste du cycle de la vie.

« C'est moins supercalifragilisticexpialidocious que t'aurais pensé, hein? »

C'est presque arrogant, et ce l'est peut-être. Tout cas, c'est le genre de blague à moi-même qui me fait tuer le temps avant que le temps ne m'achève. Mary Poppins est découragée, là, je l'entends soupirer parmi les blancs ariens. C'est pas un mot inventé, certes. Mais moi, j'invente pas les mots. Je suis pas bonne là-dedans. Je les exploite, comme les champs de coton exploitaient les nègres. Pareil.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Sam 13 Juin - 15:20

Monde souterrain

à l'heure du crime

Désolé de lui apprendre ? Mais lui apprendre quoi ? On n'a pas à s'excuser à porter une quelconque nouvelle, c'est idiot : ensuite, il est certain que Bérangère est légèrement déçue par la réponse hors-questionnaire qu'elle vient de lui fournir. Elle a bien voulu jouer à son jeu : pourquoi ne le ferait-elle pas avec elle ? Ah ! C'est qu'il peut être très détestable, le numéro vingt quarante-huit soixante-et-trois ! Toujours à faire preuve d'une arrogance de tête haute ou de pusher des systèmes qui sont si blasés qu'ils crachent sur tout. La rousse se demande quand ceux-là manqueront de crachat. C'est vrai qu'il est difficile de perdre sa salive à moins d'être assoiffé : est-ce cela qu'ils font à tous les dissidents de ce monde ? Probable.

Chopin aurait pu le prendre mal comme la dernière fois : et là, la sortie de la lame aurait été plus qu'explicite et on ne sait pas où aurait été le mépris de la jeune demoiselle car, une fois, elle peut admettre à soi-même qu'elle ait pu mal juger l'étrange étrangère et vouloir pactiser ensuite : c'est justement ce qu'elle a fait d'ailleurs. Mais une deuxième fois ! Quels auraient été les résultats d'une furie renouvelée et cette fois-ci avec la conviction que c'est une chose si agaçante qu'elle refuse de changer ? Mais non, au lieu de ça, Bérangère rit d'une voix sonore, presque comme si elle goûtait là aux mots dépressifs d'une vieille amie constamment dans cet état d'une manière quasi sans conséquences et presque familière. Elle ne se moque guère : il n'y avait rien de plus amical qu'elle aurait pu faire suite à une réponse pareille. Étant donné que le temps s'altère dans cette cervelle qui modifie la réalité telle que la voit la plupart des gens, et encore nous n'entrerons pas ici dans ce qu'est réellement le réel car Bérangère est un cas pour le moins exceptionnel alors philosopher sur sa métaphysique serait ardue, elle semble voir Claire telle une vielle sœur des familles.

« Je n'en attendais pas moins ! Toutefois, tu devrais arrêter de t'auto-écraser de la sorte : à force, tu te briseras la colonne des vertèbres ! »

Une fois de plus, les distances, pour notre psychotique adorée, s'allongent mais pas en longueur : c'est en hauteur que ça se passe ! Rien d'extrême, il n'y a pas des kilomètres de différence mais rien qu'un peu de centimètres. Ah non, ce n'était pas une hallucination : elle venait juste de se lever, lui donnant une nouvelle perspective. Cependant, Bérangère aurait juré qu'elle avait, ne serait-ce qu'un tout petit peu, grandie. D'un œil curieux, elle jette un regard peu fiable vers l'autre wagon. Vide mis à part sa horde de démons hurlants à l'enfer en costume noire. Ils portent tous des masques à gaz. Il suffirait qu’ils portent un brassard avec une croix gammée pour qu'on puisse mettre une image parfaite du cliché du nazi post-apocalyptique. Bérangère rit sobrement une fois de plus.

« Viens voir ! Ils sont frustrés de ne pas pouvoir nous atteindre ici. Hm, je me demande combien de temps le portail va suffire à son destin. On n'est jamais en sécurité dans cette fournaise infernale aux mille supplices suppliciés : pas même dans les wagons la traversant. »

Ce n'est pas l'extase mais elle se sent un peu enjouée malgré tout. Néanmoins, elle redevient plus sérieuse par son visage tandis qu'elle observe la progression des ennemis.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Dim 14 Juin - 19:47

station papineau

à minuit le soir




Ça y est, je rêvasse à la Belgique. C'est innommable comment l'impossible peut nous assaillir dans les pires moments du monde. Alors que j'explique patiemment notre situation pourtant plus qu'évidente et désastreuse à ma compagne de cachots, je m'imagine avec une crème-glacée dans la bouche. Deux, même. Seigneur, je devrais arrêter. C'est mauvais pour l'esprit et le ventre, ça.

Ah bin tabarnak! Elle me rit au nez, avec ça! Comment est-ce qu'elle fait pour rire? Je sais pas trop si je devrais l'imiter ou bien continuer de la regarder avec la mort dans la face. Je pense que mon rire serait beaucoup trop faux alors j'opte pour la deuxième option. Peut-être elle est devenue folle? Peut-être qu'elle est trop sage pour moi, aussi. Peut-être qu'elle sait qu'il n'y a plus que ça à faire, rire. J'utilise ma langue pour retirer un bout de pain d'entre mes dents et la regarde, plus fascinée qu'autre chose. Wow... Une souris qui rit. Et qui rit dans une chambre à gaz. C'est spécial à voir... J'aime plutôt ça, étrangement.

Et finalement, sa réponse de mots et nos de sons buccales, me fait sourire. Franchement. Pas quelque chose qui fasse Colgate, mais quelque chose de doux et très vrai. Elle est plus sympathiques que je le pensais - c'est sûre que j'ai tendance à avoir des préjugés néfastes sur les rats qui se transforment en souris... J'aimerais dire que, de toute façon, j'ai pas besoin de colonne vertébrale et de tout ce qui la fait vivre depuis que je suis dans ce trou mais... Je crois que j'aurais besoin de mes vertèbres pour lui étirer les lèvres et lui répondre avec un dos croche mais un dos debout.

L'auteure des quatre saison qui ne s'appelle pas Vivaldi se lève et elle regarde par la petite fenêtre qui nous donne un goût dégueulasse sur le reste du monde. Et là, j'arrête de sourire. Je suis inquiète, apparemment. Elle parle de qui? Des chats? Des osti de nazi?! Probablement. Ils sont là? Je me lève, très doucement. Comme si j'avais peur de marcher sur une mine. Et je me poste derrière elle, par dessus son épaule. Puis je regarde par la fenêtre.

Je vois des oreilles. Des oreilles de souris. Qui sont rabaissées. C'est des comme nous, il n'y a aucun doute sur la chose. Mademoiselle Chopin dit qu'il veut nous tuer. Pourquoi? Je commence à avoir la trouille. J'aime vraiment pas ça. J'ai des frissons, même si la chaleur me donne le tournis. Il va mettre la truffe dans pas d'énormes minutes, je sens... Elle parle de wagon. Elle fait sûrement référence aux trains. Ces trains où l'on était entassé, à baigner dans l'urine de l'autre. À avoir faim et à suer... Je me souviens pas de cette aventure particulièrement mais je sais que je l'ai vécu, d'une quelconque manière... Ça doit être la mémoire sélective. Je suis trop effrayée pour penser de toute façon, là.

je vois alors un autre sourire de matou. Puis un autre. Ils sont beaucoup, et ils nous veulent du mal. Je sens que je vais dégueuler, mais je suis bonne pour ravaler. Je suis un cochon, mais un cochon qui bêle :

« Si... Mettons... Qu'ils viendraient ici... Tu as tu de quoi pour te défendre ou on va se faire... »

Tuer? Péter la gueule? Trucider? Torturer?

« ...pogner? »

Parce que c'est trop difficile de dire d'autre chose, apparemment.

Et là, je sens mes nerfs claquer dans tout mon corps. Je sursaute comme je l'ai jamais fait de souvenance auparavant : la porte coulissante vient de s'ouvrir à ma droite. Je recule d'un mouvement vif et glisse sur un des banc à m'en faire un nœud dans ma si précieuse colonne vertébrale. Le bout sensible de mon coude se cogne et transmet une onde de souffrance éternel et intolérable dans tout mon bras engourdit. C'est un peu inutile maintenant de cacher que j'ai la chienne.

J'entends des pas. Ils se rapprochent. Mon cœur bat beaucoup trop vite. Est-ce que c'est parce que j'ai parlé d'une telle éventualité que la scène se produit? Je serais assez malchanceuse pour dire que oui. Et je suis en train de me dire que je vais me faire tuer avec une souris. C'est quoi le genre de prière que je suis sensé faire dans ces temps là? Celle du Saint-Oka? Il existait un Saint-Oka? Pourquoi je pense à ça,, sacrament?

Puis y'a un chat. Un homme, plutôt, avec une tête de chat. Qui marche comme un soldat. Le fusil sur l'épaule et la guerre sur le visage. Il nous regarde et s'arrête, droit et stricte, comme n'importe quel lavé de cerveau de guerre. Il lève son bras droit vers le Fhürer, puis le range drastiquement sur le côté de son corps. Ensuite, il nous hurle dessus, comme si on était de la peste :

« Il faut évacuer pour des raisons techniques. Vous pouvez prendre la 67 St-Michel qui fait la navette provisoirement. »

Je le regarde et grimace d'incompréhension. Je comprends pas les ordres. Et j'essaie de pas trop comprendre. J'ai juste en tête de foutre le camp. Et pas toute seule, non non. Je veux amener la souris avec moi. Je prends mon sac de prisonnière et le poignet de la souris, même si ça a quelque chose à me lever le cœur; c'est la première fois que je touche à un « animal » en dix ans je pense... Et j'haïs les animaux, Seigneur...

Avec mes mains chargées, je cours à bousculer l'horrible à tête de félin et à tirer de force la souris. Hors de question que je prenne pas la chance et que je me retrouve seule dehors. Il y a un long corridor et, au bout, des escaliers infinis. C'est un endroit sombre et heureusement désert. Métallique, avec des néon pour nous dicter le chemin et des chambres à gaz tout bout de champ sur notre gauche.

« Y'a pas d'autre issue, faut monter! »

Je crie. Je passe à côté d'une souris qui marche rapidement, ais qui court pas. Pourquoi? C'est une femme qui, elle aussi, tiens un sac. Maudite folle, cours! j'ai envie de lui hurler. Mais j'ai mieux à faire, je pense. Elle me dévisage. Je fais de même. Puis je tire Mademoiselle Chopin dans les escaliers.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Mar 14 Juil - 11:43

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Quoi faire   pour se défendre ? Mais elle n'a rien, voyons ! Oh, si, quelque chose : son canif des familles à la lame d'intimidation, relativement utile contre les voyous de toutes sortes qu'on peut rencontrer tard la nuit ou même les malades mentaux de son calibre. Serait-ce suffisant ? Bien sûr que non alors ça ne vaut pas la peine d'être dit, mesurer à l'échelle de ses êtres noirs : ça ne ferait que leur faire perdre du temps. Mais qu'est-ce que le temps ? Bérangère a l'impression qu'il s'écoule pas mal vite en ce moment et ce n'est pas bon signe. Cela veut dire qu'il faut se presser, enjamber pas après pas sans remarquer toutes les remarques qui puissent être faites sur les lieux, les situations, les traits du visage et toutes les féeriques choses qui peuvent passer ça et là. Non, ce n'est pas quelque chose d'amusant que de se hâter mais on dirait bien que les circonstances ne laissent pas de choix. À moins que ces créatures hurlantes soient lentes ou qu'une éternité défile avant qu'ils traversent le wagon : ce serait bien, elle pourrait rester tranquillement là à attendre cette éternité ; c'est suffisant pour y penser et s'échapper.

« Ça dépend. »
, répond Nithingal en doutant soi-même de s'il y a quelque chose qui va dépendre de quelque chose d'autre dans l'immédiat ou dans le futur.

Soit, c'est l'une des réponses les plus dites au monde et encore ça n'informe pas plus que ça. Ça dépend. Mais dépendre de quoi ? De la météo, du champ gravitationnel de Pluton ou le nombre de pattes d'un insecte ? Le cerveau de la psychotique a comme qui dirait une faille dans l'instant présent : il n'arrive pas à aligner ses cordes de pensée et la voilà qui pense à n'importe quoi en cherchant des causes. Que c'est une cancre, cette Winter Chopin ! Il manquerait plus que le bonnet d'âme et un coulis de bave sortant de sa bouche pour avoir l'exemple parfait de l'imbécile hébété devant ses propres incompréhensions. Au moins n'a-t-elle pas le sourire stupide.

Au sein de leur minuscule enfer de jadis, un intrus (drôle de voir comment l'ancienne intruse est devenu la nouvelle camarade) surgit en disant des mots qui sonnent mécaniquement à la tête de la rouquine : oh, il a un masque à gaz lui aussi mais il n'a pas le même uniforme que les autres donc ça change tout : pas de quoi paniquer. Néanmoins, numéro vingt quarente-huit soixante-et-trois semble à la limite de l'effroi (d'après la vue démente de notre psychotique) et empoigne donc son bras pour la traîner à l'extérieur.

« Grand moyen ! », s'exclame Bérangère.

La rousse se fait tirer vers ce qu'on peut qualifier aisément de néant : si dans ce qu'on nomme la réalité, il n'y a que des couloirs et des escaliers, il en est tout autre pour notre philologue des folies qui ne voit là que du noir, un espace sans solidité mis à part leurs corps. Elles ont brisé une barrière : le métro démoniaque est rectiligne et va tout droit en enfer. Certes, on doit descendre, préalablement, des marches pour démarrer le voyage mais on ne revient pas vers le haut par la suite : on vit l'éternité morne ou active, on se rend à destination, on explore le nouveau monde des enfers et si l'envie de corser l'existence nous prend, il suffit de retourner dans un de ces métros pour descendre encore plus bas. Ce qui a de bien avec ce système, c'est qu'on ne peut jamais atteindre le fond, le vrai, comme un connard qui n'a jamais fini de creuser sa tombe avec son idiotie pour pelle. C'est la toute première fois que Summer déchirait cette logique, ces mondes de feu. Ses yeux brillent et du vide elle ne peut qu'être émerveillé. Le bout de ses doigts chatouillait intensément mais elle ne pouvait pas se gratter car, comme dit précédemment, toutes ses phalanges sont touchées : donc, les grattouiller ne sert strictement à rien. Un sourire curieux se dessine sur les lèvres de la jeune demoiselle.

« Comment as-tu fait pour briser ? »

Elle a l'impression de flotter. Pourtant, la plupart des gens nocturnes voient deux jeunes femmes se tenir en montant les escaliers à la hâte comme si la fin du monde approchait, ou dû moins c'était probablement le cas pour Claire. La rousse, elle, était plutôt sereine. Scène étrange ? C'est le moins qu'on puisse dire mais puisque l'action se passe à minuit à Montréal, on suppose que tout peut arriver.

« Où allons-nous, numéro vingt quarente-huit soixante-et-trois ? Je dirais que nous sommes nulle part mais à quoi bon continuer d'avancer alors si de nulle part nous atterrirons fatalement à nulle part ? C'est vain de courir... À moins que du néant naisse ce qui te presse autant. Mais qu'est-ce donc ? Ah... Nous devons continuer de courir, peu importe, je suppose. »


Elle se laisse traîner, légère, alors qu'elle continue de débiter ses paroles qui prennent la forme d'un gaz lettré sortant par la bouche. Ça, évidemment, c'est si on possède les yeux schizophrènes de la rousse ou être violemment connecté à son âme.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Jeu 23 Juil - 20:59

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à minuit le soir




« Grand moyen! »

Je deviens essoufflée comme un cheval de course malade à abattre. La comparaison est flagrante comme le filigrane de mes pensées! Peut-être parce que nous venons de croiser un homme à tête de cheval, en complet veston cravache, portant une mallette et de grandes pupilles rectangulaires gravées sur nous. Essoufflée, tellement à tire de poumon que je fais juste entendre ma respiration dans le creux de mes ouïes. Et aussi la petite à tête de souris rateuse que je traîne derrière moi comme si nos mains étaient menottées entre elles par la survie et la déchéance de la guerre. Je me tourne vers elle. Une souris albinos, plutôt, toute blanche avec des petites taches sur les joues. Des petites taches de rousseurs rouges comme le sang de ses yeux orange. Tiens, je ne les avais pas remarqué. Mais qu'est-ce que je trimbale comme pensées?! Nous devons courir, encore, courir... Je suis à bout de nerf et de trachée. Je vais manquer de souffle et claquer d'asphyxie drette là! Un paquet de cigarettes par jour, ça magane vraiment le système sportif, hein.

Une fois en haut, seulement, j'assimile qu'est-ce que la souris a dit. Oui! Les grands moyens! Il faut les employer maintenant, comme des buildosers affamés! Un homme en uniforme et à tête de gros matou est là, devant nous. Il garde la barbelée de hauteur de hanches et nous dit de ne pas courir. Je le bouscule au passage. Pas le choix! Je traverse la barbelée! Pas le choix! Pas le choix! Les grands moyens! Je dois forcer un peu pour la pousser, mais mon corps la traverse très bien. Celui de ma compagne aussi. D'autres escaliers; ceux-ci semble bouger dangereusement... Je les enjambe, je sais pas pourquoi, c'est complètement con, parce qu'on pourrait crever dans ces escaliers! Mais on réussit à le escalader. Et là, la souris trouve la voix à me demande comment je fais pour briser. De quoi est-ce qu'elle jase?! Je sais pas. Mais je veux pas la contrarier ou lui faire peur, pas à cette petite souris maintenant. Qui sait comment elle pourrait devenir, et la situation est beaucoup trop précaire pour jouer avec la rage ainsi. Alors je réponds, très, très difficilement, dans mes essoufflements accablant qui meublent ma voix au grand foutu complet:

« Je me concentre vraiment fort! »

Sans grand sérieux, que je dis cela. Il y a une porte, nous y courons encore. Je fonce dedans! Les grands moyens, tabarnak! Elle s'ouvre, on la traverse et on arrive dehors. Et c'est presque pire qu'en dedans.

Je sais qu'il fait jour, je le sais, je sens le soleil qui s'évanouit derrière le ciel tellement cendré des bombardements de guerre qu'il en est noir comme la nuit. Les immeubles autour de nous sont décrépies, ils sentent la charpie industrielle et coulent et dégringolent immobiles. Il y a des tanks, des restants de char d'assaut, et pas mal trop de boucane dans l'air. Heureusement, heureusement y'a pas un esti de chat. J'en suis tellement soulagée que, je sais pas trop, je redouble la cadence de ma course.

La souris derrière moi – je reconnais toujours sa voix parce qu'elle me fait penser à un couinement – et plus je l'écoute, plus j'ai envie de pleurer. C'est vrai, on a nul part où aller. N'importe où est pareil comme en bas. Peut-être moins pire, peut-être plus, on peut même pas savoir! Je veux juste un endroit, un endroit pour souffler et pas trop souffrir... Au moins, elle comprend, et je n'ai pas besoin de lui expliquer à quelle point je veux qu'elle ferme sa gueule parce que je vais faire une crise de panique swi elle continue à me tabasser la réalité dans la yeule. Elle sait que nous devons courir. Alors nous courons, très vite. C'est l'instint, et c'est chiant.

Je sais pas ça a duré comment de temps. On a croisé quelques autres hommes à tête de cheval, mais surtout plus des femmes à tête de perroquets. Ces femmes aux sexe d'homme qui s'habille aussi vulgairement que les prostituées... Sans doute des perroquets corrompu de guerre! Et enfin, enfin nous nous déposons dans une vallée terreuse. Un ancien chantier de guerre, ou repose des poches de sables empilés et des corps de galeux à tête de chien morts sur le sol. Des américains tués, sans doute. Des chiens sales. Comme nous.

Je m'arrête, je m'écroule sur le sol. J'ai envie de dégueuler. Puis je regarde mon ventre, je sais pas trop, je sens que ça chatouille. Et je vois que mon costume de prisonnier est déchiré, et qu'il y a du sang qui coule. La barbelée, câliss! Je touche, je regarde le sang... C'est brun, et bouetteux. C'est du sang de pourriture dégueulasse! On nous a tellement traité comme des truie qu'on a l'intérieur qui est rendu aussi tout mortifié! C'pas croyable. Mais ça fait pas mal, alors je pense à autre chose et je change mon attention de place.

Je fixe ma compagne à tête de rat, plutôt. Et je lui gueule, presque, parce que le bruit des fusillades au loin m'a donné de l'acouphène :

« Est-ce que les chats ont réussis à te bouffer un boutte?! »

Visiblement pas. Ah! Les abrutis de merde... Je sais pas quand est-ce qu'ils vont être de retour, mais ici, comme ça, ça semble tranquille et doux. Peut-être qu'on va survivre. Je frotte mon ventre, étale la bouette de sang. Mais je sens qu'on va mourir.

« Tu sais quand est-ce qu'on va crever?! »

Je lui demande dans l'hystérie du moment.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Sam 31 Oct - 17:10

Vide existentiel

de toute époque

Les rayons solaires matinaux entrent en contact avec la peau blanc-junkie de Bérangère. Déjà le matin ? Il faut dire que dans les profondeurs diaboliques des entrailles souterraines de l’obscurité inéluctable, le jour et la nuit se mêlent pour n’être plus rien, au final. Elle oubliait presque qu’il puisse y avoir un soleil et une lune en ce monde et pourtant que ces deux astres la sublimaient de leur beauté ! Oh, la jeune fille n’ose pas poser son regard sur la boule de lumière. Qu’est-ce qu’elle est douloureuse ! Pourtant, rien ne l’empêche d’y voir une beauté manifeste dans ses lumières qui bercent ces nouveaux lieux. Elle s’exclame d’un « Wow » en remarquant des fumées dorées s’élever vers le ciel azur. Un drôle d’enfer que voilà, voici ce qu’elle murmure en réponse à cette remontée à la surface. On ne s’étonnera pas à ce qu’elle parle à sa propre personne : depuis longtemps déjà, elle dépasse ce stade d’étrangeté au point que ça devient une chose si anodine qu’elle n’a pas conscience de l’apparente absurdité de la chose. Néanmoins, sa compagne était toujours aussi pressée ! Ne sait-elle pas prendre le temps, ces fractales d’éternité, pour en apprécier toute la splendeur ou du moins seulement y jeter un discret coup d’œil ? Non, toujours plus vite, toujours plus rapide. Ah quelle femme étrange, on ne le dira jamais assez ! Elle course de droite à gauche, comme ça, pour rien. Peut-être a-t-elle toujours peur de ces ombres mystérieuses du souterrain ? Elles semblaient la terrifier. Mais elles ne sont plus ici ! Les voir traîner dans les environs serait inattendu d’autant plus que l’éblouissement du soleil les brûlerait surement !

Une mine sereine, trop sereine même, se pose sur la face de la petite. Elle ne porte aucune attention aux quelques passants de ce qui a l’air d’un quartier pour le moins particulier. En fait, elle observe les gaz se transformer en espèce de dessin coloré d’un style asiatique, vive la précision, digne d’une mandala psychédélique. Serait-ce un vieux champignon, coquin et mal digéré, qui resurgirait soudainement ? Ce serait improbable puisqu’elle en manque mais sait-on jamais : la cervelle de Bérangère aime faire n’importe quoi.

Chopin Summer Winter imite numéro vingt quarante-huit soixante-trois lorsque celle-ci décide de s’écrouler sur le trottoir. Deux petites droguées exténuées au sol en plein cœur de Montréal : rien de bien surprenant dirons certains. La rouquine n’aperçoit pas les possibles blessures de Claire. En fait, son attention volait au vent avec les pigeons avant que son « amie » lui gueule un phrase haute en québécisme.

« Non ?! »

Nithingal ne pense pas qu'on l'ait croqué d'une quelconque manière… à moins que… Arrêt. Plus de ciel azuré. Plus de fumée dorée. Elle observe son ventre et voit un large trou sanguinolent où du pue jaune gicle ainsi que des liquides que son vocabulaire fleuri ne parvient pas à décrire. Un gémissement sourd s'échappe de ses cordes vocales. Souris. Contemplation déchue. Oreilles fermées.

« Mais… AIDE-MOI ! Je me vide de mes substances je… »

Le corps de la psychotique se couvre de spasmes nerveux tandis qu'elle tente de poser sa main sur sa blessure imaginaire. Puis comme si ce n'était pas assez, une voiture de police s'arrête devant nos deux hallucinées en plein bad trip.

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MessageSujet: Re: la ligne verte me fait chier!   Dim 15 Nov - 11:50

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à minuit le soir




Je goûte la pelure de rêche dans mon péristaltisme. Une pelure corsée et vomitaire, comme si les fouets de mes poumons étaient des bouchées voraces dans une agrume encore habillée. La récalcitrante mélopée très tiède du pouls de sa main dans la mienne me rappelle que je suis la doyenne des prisons, et elle la recrue des évasions. Quelle connerie avons-nous commises? La terre me sort par les narines, déjà, c'est l'anticipation de me faire enfoncer six pieds en dessous de la tombe sans nom qui nous est destinée.

Et crus-je entendre de ma conjointe de faits s'exclamer d'une pudique et laudative clameur?! Mais qu'est-ce qu'elle cochonnasse de sa bouche encore, celle-là?! J'éclate mes paupières vers elle, comme si mes globes auraient put s'en déguerpir et aller la gifler un bon coup. J'ai l'impression qu'elle wowe sur un champignon. On ne wowe pas sur les champignons. Les champignons sont bons à être immense et révoltant dans les cieux, ou à pulluler sur le bords de chacun des orifices humains après plusieurs oublis de décomposition. Sérieusement, je ne vois pas le wow sur un tas de pourriture à côté de l'anus d'un juif défunt, respect au clodos qui se retourne dans sa tombe à m'entendre parler de son cul sale.

Je n'ai même pas envie de savoir pourquoi elle s'amuse et s'exalte à la vue de ce sinistre édifice qui a remplacé la vie qui nous complaisait sans soucis autrefois. On dirait presque un éternuement sarcastique. Oui, oui. Les souris éternuent sarcastiquement, c'est bien le cas. N'est-ce pas, petites taches de rousseurs sur des yeux d'albinos rougis de sérum sanguin? Ne me réponds pas, j'aime me dire qu'il s'agisse d'un oui qui dégrouillerait de ton museau. Qu'importe. Qu'importe!

Je la traîne avec moi jusqu'à l'épuisement de nos jarrets, nous nous écroulons sur le sol. Je m'examine de fond en comble. J'ai l'impression de ne pas me remarquer, de ne pas me voir. Mes yeux gambadent si rapidement sur ma peau qu'ils ne prennent pas le temps d'y saisir des informations. Le nerf qui les relient à ce qui aurait put s'appeler un encéphale quelque heures de mijoteuse plus tôt sont obstrués par un hamster qui roule bien trop ardemment dans son manège cyclique à synapses. Ah non! Pas un autre rongeur, tabarnak!

Je ne crois pas être atteinte. Mon amie non plus. J'en suis soulagée. Même s'il elle le note à haute voix d'un air complètement arrogant. Je m'en fous. En autant qu'elle soit correcte. Tien. Ça ne me ressemble pas de dire une telle chose. Aurais-je perdu la tête? Pas à un tel point. Pourquoi est-ce que la guerre m'aurait autant affectée? Il est difficile de prévoir la manière dont on réagirait à tant de chose... À une crible de balle, une évasion de chambre à fournaise et un attentat politique dans mon cocon de cervelle, jamais je n'aurait penser en cracher un traumatisme!

« Okay. D'accord. Donc on reste icitte à moisir un peu encore, style quelques heures le temps qu'ils nous oublient, ensuite on essaie de trouver une sortie à la frontière des débiles. »

C'est ce que je murmure à moi-même et à moi seule, puisque de toute façon l'opinion et le choix de ma compatriote ne m'intéresse apparemment pas dans cette route vers l'anti-trappe-à-souris et l'horizon de feu. Ça sonne moins dramatique que ce l'est, en plus. Vous imaginez... Quoi qu'il en soit de sa petite caboche de souris rateuse, ou de raté de rongeur, je la traînerai. On ne s'en jouera pas des tours, avec moi, aucunement lors de temps d'holocauste, esti.

« Mais… AIDE-MOI ! Je me vide de mes substances je… »

Je tourne mon cou vers elle, si vivement que je sens mes styloïdes hurler en accomplissant des trois-cent-soixante complètement inopportuns. Je vois la petite souris nous claquer une danse du parasite enclumé dans l'intestin. Je me redresse et me recule, comme si l'instinct à vif en moi aurait grogné qu'elle se transformait insidieusement en bombe à retardement. Bin non, bin non... Elle digère juste bin mal un vers à soi. Dans le sens que le vers lui appartient. Pourquoi je pense à ça?

« Qu'est-ce qu'il y a?! Qu'est-ce qu'il y a?! »

La belle rhétorique me fend la gerçure des mots; elle vient tout juste de me dire qu'est-ce qu'elle avait. Elle se vide de ses substances. Où ça?! Je remarque bien attentivement qu'il n'y a aucune diarrhée flagrante qui s'éjecte d'aucun orifice à champignon, et qu'elle ne dégueule non point de vie de son nez souillé, avant tellement si blanc. La question stupidard, je l'aurais répété cinq ou six mille fois, mais je crois bien qu'elle en avait déjà la réponse : elle se vidait de ses substance, elle...

Je me penche sur elle. Comme si je m'étais prise d'un certain engouement volatile à jouer les docteur de films américains. Je ne connais rien de l'anatomie des souris rateuse au corps de déesse à croquer toutefois. Alors je soulève son chandail, parce c'est de là qu'elle semble avoir mal. Et là je capote un peu.

Elle a un tatou. Pendant une fraction de seconde, je jure à n'importe qui qui s'est enliser dans les commissures de mon crâne en ce moment, que ça a bougé. Le tatou a serpenté sur son ventre, genre le temps que je batte mes cils et que je me demande si c'est vraiment arrivé. Je regarde le visage qui baigne dans la torture de la petite souris. C'est un visage sans émotion, mais la douleur a les mêmes empruntes sur l'œil de n'importe quel être vivant. L'arbre saurait voir que j'y dénoncerais ses souffrances illégitimes.

Son tatou est clairement fait de lame de rasoir et de pots d'encre délavée. Quelque chose qu'un boucher aurait tenté, ou qu'un soldat complètement bourré aurait esquissé. Et ça dit, très clairement, de barbouillis et de jets maladroits : Ich bin eine schmutz la Lügner sheibbe. Et je sais très foncièrement, d'une quelconque manière, que ça veux dire «je suis une sale menteuse de merde».

Elle se tortille, crie et gémit. Non, elle couine. Elle couine comme une souris qu'on marquerait au fer rouge. C'est pire, c'est mille fois plus strident et plus agressant. J'ai l'impression que son âme coule de ses oreilles, qu'elle sent chacun de ses millimètres cubes s'en extirper et qu'elle s'en martyrise le corps et la conscience. Pis elle gigote tellement que ses plaies d'abdomen gavées de noir pu vraiment noir s'ouvre et pisse des petits ruisseaux rouges, si haut et si fièrement... Oh tabarnak! Fallait pas faire confiance au rat! Qu'est-ce que je crisse?!

Derrière moi, il y a la lenteur et la lourdeur de la plus tenace des voitures de guerre qui s'incruste dans mon champ auditif. C'est le boutte de la marde. Je me retourne, et il y a un visage qui sort du tank réduit pour me regarder et me faire un œil de cabot complètement raplapla. C'est un limier qui bave, qui bave mauve et noir. C'est de l'écume si amer et si fermentée de hargne qu'elle n'en a plus le lait et la texture d'autrefois. Il me regarde. Son œil est si vide, a été abrutis et habitué à tant de violence que je me sens un peu décaper de l'intérieur.

« Votre amie va bien, Madame? »

« C'est pas mon amie!! »

Mais quelle connerie à répondre instantanément sur le ton de la défensive ainsi?!

« Est-ce que la jeune femme va bien? A z'y apé abu'an-te? »

« De qu'est-ce?! »

A z'y apé abu'an-te?

Azi apé abuante.

Nazi. Appelez. À brûler. Fiente.

Tout est clair. C'est rien d'autre. Alors je me pique une course, piquée au dard très pointu. Fuck la souris. Fuck les clébards. Fuck fuck fuck.

« Madame! Arrêtez-vous! »

Bin non. Je m'arrête. Je me pogne les cheveux, la main dans la merde aussi. Qu'est-ce que je fous là?! La petite souris, c'est mon amie! Qu'est-ce qui ne me dit pas qu'on lui a tatoué ces mots sur le bide pour qu'on la délaisse à la morgue, justement?! C'est mon amie. C'est la seule chose à laquelle je peux identifié un semblant de sûreté ici, une appartenance ou quelque chose de vaguement semblable. J'ai rien de la gueule d'une souris, mais d'une rescapée, ça... Criss, j'ai pas le choix d'aller la retrouver!!

Je fait un cent-quatre-vingt degrés (définitivement, mes os sont à la géométrie aujourd'hui) et je trimballe mon costume de souillure jusqu'à la souris. Je la prends par les poignets. Je la traîne. C'est étrangement très très facile de faire glisser son corps dans la bouette. Mais je glisse. je me relève. Je halete et j'ai envie de dégueuler partout. La sueur. Ça glisse. Les cabot. La bave de cabot. Je la sens couler sur mon épaule. Je redresse la tête rapidement, et ma colonne vertébrale s'imite un xylophone de craquelure. Non, c'était juste mes cheveux sur ma peau. La chien sort à peine de sa voiture avec son ami qui, lui, n'est autre qu'une baraquée gouine au visage de chi-tsou. On dira qu'est-ce qu'on veut de l'image, elle fait peur en criss quand elle s'approche de toi avec une matraque le long de la hanche. J'ai presque l'impression que c'est un phallus à semi-bandé qui s'apprête à me violer la gorge.

« On est correct! Mon amie digère pas quelque chose! Elle a mal au ventre! Elle exagère! Elle a peur! On est correct! Laissez-nous! »

Dis-je d'un air de panique déchéantique qui trahi mon sang-froid inexistant, d'ailleurs. Les autorités peuvent pas fouiller les citoyens sans mandat. Est-ce qu'on est considéré comme des citoyens? Est-ce qu'ils sont considérés comme des autorités? Est-ce que la loi est toujours de vigueur à l'heure de la Mort?

Je vois les chiens japper et renifler entre eux. Ils nous parlent dans le dos. On est faite, faite comme des rats qu'on est.

« Nous allons appelez une ambulance Madame. Votre amie n'est clairement pas en état. Quel est votre nom? »

L'autre, la chi-tsou, elle grogne une petite voix aiguë :

« Avez-vous consommé une substance illicite d'ici les dernières vingt-quatre heures? »

Esti! Je le savais! Je le savais que la petite chi-tsou mal baisée allait nous sortir un truc du genre. C'est toute prévu. Oui, j'en ai sûrement consommé. Pas volontairement, évidemment. Ça serait vraiment pas mon genre de faire ça en temps de guerre. Mais les chiens sales ont tout prévu avec les chats. Il va se passer un truc du genre qu'on aura pas le choix de dire oui et qu'ils vont faire les hypocrites quand on va tenter de leur dire qu'on a été droguées contre notre insu. En arrière, y'a le limier qui bave et qui liche son talki-walkie terreux et glutant. On est faite, comme des petits rats chauds.

« Je vous demanderais de laisser votre amie ou elle se trouve et de vous tenir les mains sur la tête juste ici. »

La chi-tsou me beugla, et sans grande conviction que j'obéis. Parce que je voyais juste le phallus de bois et j'avais la chienne - c'est le cas de le dire.

On me posa mille et une questions auxquelles je répondis des « oui » et « non » assez flous. Le tonnerre des bombes étaient un orage de symphonies grotesques autour de nous. Et eux, comme s'ils avaient vécu l'apaisement des furoncles toute leur vie, ils ignoraient et patientait. On m'inculpa innocente après des siècles de minutes. Je ne pourrais décrire la scène, parce que je regardait juste le coin de la rue à travers une pupille qui vibrait plus que mon aorte. J'attendais la tarentule. Et la tarentule arriva.

Une histoire de mécanique immense, avec un abdomen trouillotant de toiles putrides. Avec des yeux pétillants une lumière sans feu et hurlant comme un capharnaüm des abysses de l'urgence crissante. Avec ses pattes mécaniques et sa respiration vrombissant. Elle se planta devant nous. Elle avala la souris. Puis je fus avaler aussi.

Comme je dis, je ne comprends pas trop. Le son ets si fort, et on se fait bardasser tellement dans cette grosse araignée de taule. La souris est couchée sur un lit qui semble constitué de millions de cadavres arachnéens, mais je ne veux pas trop m'en dévoiler davantage en focalisant mon attention sur la chose. Déjà que l'homme au sarrau vert menthol et à la tête de silverfish me regarde d'un air si insistant de ses yeux indescriptible... Je n'ai pas envie de lui répondre. Pas à ses frétillement d'antennes buccales. C'est du chinois pour moi de toute façon.

Et on nous emporte à l'horizon de feu. Celui aussi dramatique que tous les petits enfants exploités pourraient en pleurer des rivières. Ou quelque chose du genre. On va crever.

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Celui qui se transforme en Bête


se délivre de la douleur d'être un homme


Nous étions tous en voyage quand un brouillard s'approche. C'est la forêt amère des doutes sans rémission. Cette damnée époque. Cet Âge de raisonnement. Un empire qui a engraissé, prêt pour le saignement. + JOHNSON + LELOUP + CURRY + BOOGYLOU.

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